Primarque de la Ve Legiones Astartes, les White Scars, Jaghatai Khan, le Khagan, le Faucon, le Maître du Ciel Bleu Azur est une figure très appréciée en dépit de sa faible présence dans le lore de Warhammer 40K. À la tête de ses fils en armure blanche sur leurs motos jets issus du monde de Chogoris parcourent la Galaxie au service de l’Imperium.
Suite à l’unification de Terra, l’Empereur de l’Humanité met en place le projet de la Grande Croisade. Une campagne galactique dans le but de restaurer l’Empire spatial que les hommes avaient perdu avant les âges sombres. Une entreprise qui allait demander l’aide des meilleurs alliés possibles.
Le grand Khan de Chogoris
L’arrivée du bébé Primarque sur Chogoris
Pour poursuivre son rêve de la Grande Croisade, l’Empereur projette de se créer des « Fils », les Primarques. Ces alliés, les Primarques, étaient des êtres surhumains destinés à diriger les Légions Astartes et à servir de généraux et de symboles de l’Imperium naissant, chacun incarnant une facette du génie de l’Empereur.
Fabriqués dans un laboratoire caché dans les montagnes de l’Himalaya par une combinaison d’une technologie en avance sur son temps et de magie du Warp, ces êtres surhumains ont été éparpillés à travers les mondes de la galaxie par les Dieux du Chaos
La légende des habitants de Chogoris, aussi appelé Mundus Planus par l’Imperium de Warhammer 40K, raconte que Jaghatai Khan aurait fugué de Terra afin de découvrir la Galaxie ou qu’il en aurait été enlevé encore bébé. Il est plus vraisemblable que sa capsule ait juste été retrouvé par l’une des tribus locales, les Talskars.
C’était à proximité de la rivière Quonon que leur chef, Ong Khan trouve l’enfant. Convaincu que ce dernier constituait un don des cieux, il l’adopte et lui donne le nom de Jaghatai. Il grandit au sein des Talskars qui voient déjà en lui l’étoffe d’un grand guerrier dès son plus jeune âge.
Jaghatai à la tête de sa tribu, les Talskars
Sa force fût vite mise à l’épreuve. Les Talskars vivent en tribu nomade dans la Grande Steppe de l’Est de Chogoris, en dehors du contrôle de l’aristocratie Palatine qui avait conquis ce monde. Or ce mode de vie avait sa part de violence : les tribus entraient parfois en conflit pour les pâturages ou pour le plaisir du combat.
C’est ainsi que les Talskars subirent une terrible embuscade orchestrée par les Kurayed. Le bilan est lourd : presque toute la tribu tombe dont le père adoptif de Jaghatai, Ong Khan. En représailles, le jeune Primarque rassemble sa propre petite troupe avec ce qui restait de guerriers et lance un assaut décisif.
Durant l’assaut contre le village, ils massacrent tous les Kurayeds, sans distinction d’âge ou de sexe. Cet exploit, bien que sanglant, cimente la position de Jaghatai : il prend officiellement le titre de Khan et la tête des Talskars à la place de son défunt père.
Ses ambitions ne s’arrêtaient pas là. Jaghatai et ses Talskars lancèrent ensuite des assauts contre les autres tribus de la Grande Plaine. La tribu conquérante absorbait celles qu’elle vainquait durant cette campagne. Ainsi, le Primarque se retrouva vite à la tête d’une gigantesque armée, la force irrésistible « Mathuli » et elle allait bientôt servir.
La guerre contre les Palatines, Jaghatai unifie Chogoris
Au-delà de la Grande Plaine, les habitants de Chogoris vivaient sous la domination d’une aristocratie sous le contrôle des Palatines. Ces derniers sortaient parfois dans la plaine pour razzier les tribus ou les chasser pour le sport. Et l’un d’entre les fils de ces dynasties Palatines et sa troupe de nobles tomba par hasard sur Jaghatai, dix ans après sa prise de position comme chef des Talskars.
Les détails de cette rencontre sont flous. Toutefois, les nobles furent presque tous massacrés à l’exception de l’un d’eux. Le Khan renvoya la tête tranchée du fils du seigneur Palatin autour du cou du seul survivant de la troupe. Le message était clair : les tribus des steppes n’allaient plus tolérer plus le joug des aristocrates.
Les Palatines sortirent leurs forces pour venger cet affront. En dépit de leur supériorité numérique, ils ne se montrèrent pas capables de faire face à la force irrésistible mené par Jaghatai Khan. Une à une, les cités tombent et en quelques années, le Primarque prend le contrôle du monde de Chogoris.
La réunion avec l’Empereur et la Grande Croisade
Des Star Hunters aux White Scars
C’est ce monde unifié depuis six mois que trouve l’Empereur de l’Humanité lorsqu’il arrive sur Mundus Planus, au sein du système Yasan, pour récupérer son fils. Dans un premier temps, leur entente est cordiale. Le Khan voit dans son Père l’incarnation de ses idéaux. Il accepte donc de le suivre sur Terra avec ses plus proches compagnons pour prendre la tête de la Ve Légion.
Jaghatai Khan montre cependant un caractère très fort. Il se dispute avec son père sur certains points, demande à ce que le vaisseau amiral et toute sa flotte soient customisés pour correspondre à la vitesse qui caractérise le style martial de Chogoris, la Ve Legiones, les Star Hunter sont trop gras et mous à son goût, il les réforme pour en faire des guerriers formés par la culture chogorienne. Ils adoptent progressivement un nom inspiré de celui du clan adoptif de leur père génétique, les White Scars.
C’est cette force qu’il mène dans la Grande Croisade. Sa motivation restant le désir de voyager et de conquérir en dépit de ses différences avec son Père. Seul ou avec son Père et ses Frères, le Khan enchaine les campagnes à travers la Galaxie. Son tempérament causant parfois des altercations avec les autres Legions ou encore ses frères.
Le tempérament de Jaghatai Khan durant la Grande Croisade
Au cours de la Grande Croisade, Jaghatai Khan et les White Scars utilisaient les tactiques guerrières de Chogoris, mais appliquées à la puissance des Astartes et à l’échelle spatiale des conflits. Ils se démarquent comme les plus rapides et les plus insaisissables des Légiones Astartes. Bien qu’efficaces, ils se montraient aussi rebelles.
Le Khan gagne une réputation de non-fiabilité au sein de l’Administratum. Mobile et rapide, il demeurait souvent introuvable. De plus, il favorisait les champs de bataille dans les confins de la Galaxie où les mémoires ne retenaient pas forcément leurs exploits. Combiné à la stratégie inhabituelle qui impliquait de mener les ennemis sur le champ de bataille de leur choix par des replis stratégiques et le refus de certains combats, l’attitude des White Scars suscitent la méfiance de leurs cousins.
En raison de leur apparence et leur idéal, Jaghatai et ses fils sont aussi l’objet d’une erreur d’appréciation par leurs alliés. En effet, beaucoup pensent à tort qu’ils sont des barbares qui rigolent en massacrant leurs ennemis jugés sur leurs motos jets, sans comprendre toute la stratégie qu’il y a derrière les déplacements et le positionnement de leurs troupes. C’est d’ailleurs ainsi que leurs campagnes demeuraient toutefois couronnées de succès.
Jaghatai durant l’Hérésie d’Horus, un leader désiré et mesuré
En conséquence, au début de l’Hérésie, chaque camp appelait Jaghatai et ses fils à se joindre à eux. Horus puis Russ firent appel au Khan. Il commençait donc par choisir d’attendre et d’observer pour comprendre ces messages contradictoires. L’Empereur restait toutefois confiant. Le Khan resterait de son côté, car derrière ses apparences barbares et son attitude rebelle se cache de l’honneur, de la sagesse et une fidélité à toute épreuve.
Et il avait raison. Sur Prospero, Jaghatai trouva une écharde de Magnus le Rouge qui lui apprit de nombreuses vérités. Sur l’Imperium, sur les Primarques, sur le Warp et le Chaos, mais aussi sur le sort d’Horus. L’arrivée de Mortarion, appelé par des Scars renégats, et le combat entre les frères qui s’en suit convint le seigneur de Chogoris sur sa décision.
Au prix de quelques années d’un voyage périlleux et de guérilla contre les Traitres, la Ve finit par se joindre aux troupes impériales du Système Sol. Avec les Imperial Fist et les Custodes, ce qui restait des Scars ont ainsi participé à la défense du Monde-Trône de Terra contre les armées des Traitres.
Jusqu’à la dernière heure de l’Hérésie, Jaghatai et ses fils défendirent chèrement le Palais contre les Traîtres. Le Khan reste au sein du Palais, il n’accompagne pas son Père à bord du vaisseau du Maitre de Guerre. Ils furent témoins de l’Ascension de l’Empereur, ramené par Rogal Dorn, après sa bataille fatidique contre Horus Lupercal.
Après l’Hérésie d’Horus, de la Purge à Corusil V
L’adoption du Codex Astartes par les White Scars
L’Imperium avait survécu, mais était en lambeau. Afin d’éviter qu’une seule personne puisse à nouveau retrouver une puissance équivalente au Maître de Guerre, Roboute Guilliman écrit le Codex Astartes. Un code qui allait diviser les Legions en Chapitres de 1000 Astartes, plus petits, plus contrôlables. Le Khan soutient l’idée, d’autant plus qu’elle était compatible avec les traditions de Chogoris.
Il nomme ces Chapitres successeurs les Confréries. Ces groupes issus des Whites Scars, menés par leurs propres Khans continuent de respecter la culture chogorienne. Ces Confréries possèdent une grande autonomie, ce qui leur permet aussi d’échapper à la vigilance de l’Administratum et leur permet donc de conserver l’indépendance caractéristique de leur mode de vie.
Le retour dans le système Yasan et la chasse au Drukhari
Le Khan et ses Scars participent aussi à la Grande Purge en pourchassant les Hérétiques à travers la Galaxie. Cependant, cette grande campagne allait prendre une fin abrupte et entourée de mystères sur un monde du système de Chogoris : Corusil V.
En effet, le chaos engendré par l’Hérésie avait isolé le système Yasan du reste de l’Imperium. Livré à eux-mêmes, les mondes de ces derniers furent victimes des raids xenos. Il s’agissait des Drukharis, des Aeldars particulièrement vicieux qui attaquaient les mondes humains pour rassembler des captifs à emmener avec eux.
La disparition de Jaghatai Khan sur Corusil V
En sa qualité de seigneur du système, le Primarque revient donc pour porter assistance au système Yasan. Les forces impériales reprennent donc vite du terrain sur les Xenos et les Traitres. Ils avaient même réussi à déduire le monde qui servait de base aux Drukharis, Corusil V, au sein duquel se trouvait le portail d’où ils sortaient de la Toile pour attaquer les environs.
Pris en embuscade par l’Archonte des Drukharis et ses troupes, Jaghatai et les siens se défendent habilement. Ils parviennent même à repousser les Xenos dans le portail et se lancent à leur poursuite. Malheureusement, celui-ci s’effondre et le Khan des White Scars disparait officiellement dans la Toile.
Le Khan au 42e millénaire, un retour possible ?
Depuis plus de dix millénaires, le Primarque des White Scars n’a plus donné signe de vie. Toutefois, les théories ne supposent pas qu’il ait pu périr au combat dans la Toile. Dans le cas où il aurait perdu contre les Drukharis, ceux-ci le maintiennent prisonnier sur Commoragh, soit pour le tourmenter, soit pour le faire combattre dans les arènes.
D’autres théories supposent plutôt qu’il continue à chasser les Drukharis à travers la Toile. Depuis Dix Mille ans, il persiste donc dans un combat secret contre les Aeldars noirs afin de défendre le système de futures incursions. Comme pour Russ, cependant, ses fils espèrent qu’il revienne un jour dans une période de grande crise.
Enfin, une dernière théorie suppose que Jaghatai a réussi à quitter la Toile depuis longtemps. Toutefois, les événements représentaient pour lui une opportunité unique : celle de disparaître des radars de l’Administratum. Le Khan pouvait donc se libérer de leur surveillance et leur contrôle pour enfin devenir véritablement libre de l’Imperium. Il arpenterait alors la Galaxie avec sa moto jet.
Games Workshop garde le secret quant à son devenir réel. Comme pour beaucoup de ses frères donc, la possibilité pour Jaghatai de revenir dans le canon moderne de Warhammer 40K n’est pas nulle. Cependant, les Scars, les Drukharis et la toile ne figurent pas au centre des récits actuels de la 11e édition. Il faudra donc attendre avant de pouvoir espérer voir le Faucon revenir dans un récit épique et avec une miniature digne de ce nom.

