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Roleplay ou le JDR par définition

Le roleplay

Le Roleplay ou RP est un terme que l’on retrouve dans le nom même du jeu de rôle : le Roleplaying game en Anglais. Mais qu’est-ce que cela implique en réalité ?

Littéralement, le roleplay consiste à jouer un rôle comme le ferait un acteur dans une pièce de théâtre ou dans un film. Il est au cœur même du JDR et bien qu’il ne soit pas son apanage comme nous le verrons, il reste là où il est vraiment essentiel.

Les deux côtés d’une même pièce : le gameplay et le roleplay

Un jeu de rôle se compose principalement de deux éléments : le gameplay et le roleplay. Ces deux parties sont comme un ensemble d’ingrédients qui doivent être dosés pour donner du goût. Le résultat voulu n’est toutefois pas l’équilibre parfait. Chacun recherche une proportion qui correspond à ses préférences, tentez de trouver la vôtre.

Le premier, le gameplay, se réfère à la partie mécanique du JDR : ce sont les jets de dés, les tirages de cartes, les statistiques… C’est donc un ensemble d’outils qui permettent de rendre utilisables et équilibrées les idées des joueurs.

Sur ce point, il est important de noter aussi que le gameplay n’est pas un obstacle au roleplay. Dans une certaine mesure, elle peut imposer des limites (l’impossibilité de combiner certaines compétences/races, des limites aux actions possibles,…) toutefois, elles sont plus des invitations pour les joueurs.

Par ailleurs, la maitrise du système de jeu assure que le roleplay puisse se faire de la manière la plus fluide possible. Une fois que les joueurs peuvent enchaîner les actions sans constamment questionner le meneur, le gameplay disparait pour laisser place au roleplay.

La cristallisation de ces idées constitue le roleplay. C’est dans le RP que le joueur va insuffler de la vie à son personnage en s’appropriant celui-ci. Nous arrivons enfin à une définition plus claire : le roleplay consiste en l’immersion dans la peau de son personnage. Cela passe par tracer son histoire, former son apparence, prendre ses décisions et bien plus. 

Pourquoi s’embarrasser du roleplay ?

Le roleplay est très recherché dans le JDR, car il contribue à ce qui est recherché dans l’expérience à la table : l’immersion. Historiquement, le jeu de rôle était une manière de s’échapper de la sombre réalité des années 70 et de ses conflits modernes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le medieval fantasy y est si central : fuir le XXe siècle pour un Moyen-âge fantasmé.  

Grâce à un bon RP, le joueur peut s’immerger dans l’univers du jeu. Une fois qu’il est dans la peau de son personnage, il contribue à l’immersion des autres joueurs et c’est un bon signe pour le meneur. Il peut ainsi trouver satisfaction dans l’histoire, le monde du jeu et être sûr que tout le monde s’amuse. En somme, un bon roleplay est un élément de ce qui fait une excellente expérience de JDR.

Le roleplay en dehors du JDR

Sachez aussi que le roleplay n’est pas limité à la table du JDR ou aux évènements grandeur nature ou LARP. Il existe par exemple des serveurs Discord ou des sites dédiés au RP de certaines franchises, de même, il est possible de trouver des serveurs RP pour certains MMORPG. Le mieux reste toujours de s’adresser à leur communauté pour vous guider sur les marches à suivre.   

Le roleplay existe aussi dans le domaine des jeux vidéo à un joueur. Ce sont bien sûr des RPG avec plus ou moins de liberté comme Divinity Original Sin 2, Fallout New Vegas, Cyberpunk 2077. Pour avoir une idée de comment marier gameplay et roleplay dans cette situation, nous vous recommandons la chaîne YouTube Skypothesis.

Introduction au roleplay par la méthode Skypothesis

Leur philosophie pour Skyrim marche aussi pour les jeux de rôle papier. Pour résumer, ils ont trois points importants : l’apparence, la fonctionnalité et le roleplay. C’est un ensemble interdépendant donc il faut toujours les garder à l’esprit.

Le premier est pour que vous appréciez de regarder (ou de dessiner pour ceux qui savent) votre personnage, cela va créer un lien entre vous et lui. La fonctionnalité est une mesure d’à quel point vous pourrez jouer le personnage suivant le gameplay. Sans cela, vous ne pourrez sûrement pas le garder longtemps. L’apparence et la fonctionnalité servent à assurer le roleplay.

Apprendre des grands maîtres

Au premier abord, le RP semble être difficile. Certains pourront se dire que le roleplay n’est pas à leur portée puisqu’il ressemble à du théâtre et n’est pas un acteur qui veut ! Que ces personnes se rassurent, ici, c’est plus de l’improvisation, mais de l’improvisation guidée.

Les actual play, en particulier ceux d’acteurs comme « Me, Myself, and Die! » de Trevor Devall, « Graveyards of Arkham », « Candela Obscura » ou « The Velvet Lodge » donnent une idée du potentiel de l’immersion. Néanmoins, il s’agit d’œuvres réalisés par des professionnels. Eux-mêmes recommandent à chacun de trouver son style sans s’embarrasser de la pression de faire comme eux.

Voilà un bon moyen pour faciliter l’immersion dans la peau de son personnage. Se créer un guide de roleplay pour s’aider (et aider le meneur de jeu). Voici trois exemples qui sont trois grands noms et leurs astuces qui peuvent être appliquées dans la création de ce guide.

La méthode JoJo 

Le mangaka Araki Hirohiko commence avant tout sa création de personnages avec une histoire. C’est « l’ingrédient secret » (son Pearl Jam) : une liste de 60 faits sur le personnage. Il cherche ainsi à établir une image claire de ce dernier afin que lui-même, son éditeur et surtout le lecteur puissent le comprendre. Vous aussi devez comprendre votre personnage.

Quand il parle d’une histoire de personnage, ce n’est pas seulement son historique avec où et quand il est né, qui sont ses parents… Ce sont aussi des éléments intangibles comme ses préférences, ses peurs, ses objectifs et parfois des éléments anecdotiques comme sa nourriture, son film et sa musique favoris. Il a emprunté cette méthode au cinéma.

Eiichiro Oda, créateur de One Piece utilise une méthode plus ou moins similaire. Même ses personnages les plus secondaires ont un background complet qui explique qui ils sont. Offrir cette part d’humanité à un PJ permet de se mettre dans de bonnes conditions pour le roleplay. Attention cependant à ne pas trop en faire!

Le son comme vecteur

Pour ceux que l’importance de la musique étonne, pensez aux leitmotivs ou encore, notre deuxième sujet d’étude : Ennio Morricone. Il a composé la bande-son du film « Il était une fois dans l’Ouest » avant le tournage en se basant sur le script de Sergio Leone. Sur le plateau, il la diffusait pour aider à la direction des acteurs ainsi que la musique a été un guide dans le roleplay.

Puisqu’on parle de la musique de Morricone, les contraintes budgétaires l’ont limité dans ses premières compositions pour Leone (Pour une Poignée de Dollar) d’où l’utilisation d’instruments ou de sons inhabituels. Ce genre d’élément peut aider dans votre RP comme une signature : le son des clochettes, le coup de feu de l’arme, un sifflement…

Being [Character]

Une autre célébrité qui s’est littéralement créé un guide, c’est David Suchet pour le rôle de Hercule Poirot pour la série basée sur les œuvres d’Agatha Christie. Il a réalisé un dossier de 5 pages des détails sur le détective belge glané dans les livres par exemple qu’il n’aime pas le thé. Suchet est allé jusqu’à le partager avec les scénaristes pour aider à garder le personnage cohérent au fil des épisodes.

Si le RP ne va pas vous demander d’apprendre à marcher avec un penny entre les fesses (ce qu’il a fait pour travailler la démarche), prenez inspiration sur ses initiatives. Suchet s’est investi ainsi dans les choix de tenues, a parlé avec la voix, a vu le monde comme Poirot. Enfin, il n’a jamais cherché à cacher les défauts du personnage : faites-en de même pour le vôtre lors du RP.

Le roleplay : la vie d’un personnage

Contrairement à certains des personnages des artistes mentionnés plus tôt, le personnage de JDR lui doit forcément évoluer. Ce n’est pas seulement une question de statistique, de niveau ou d’équipement, mais, en tant qu’individu. Ses décisions, leurs conséquences, les actions des PNJ sont tout autant de facteurs qui peuvent l’affecter, alors, tenez en compte.

Enfin, laissez le personnage vivre sans vous. Comment ça ? Dites-vous que vous n’êtes dans sa peau qu’une fois en cours de partie, et que même en cours de partie, il y a des moments qui ne sont pas joués. Faites l’exercice de lui demander qu’est ce qu’il a fait pendant ce temps où vous n’étiez pas là et dialoguez avec lui. En somme, continuer le roleplay en dehors de la table.

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