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Foundry Virtual Tabletop, un VTT sophistiqué

Foundry Virtual Tabletop, une table moderne pour vos parties

Foundry Virtual Tabletop, ou Foundry VTT, est un jeune prodige des tables de jeu virtuelles. Riche et complet, il plaît à certains et en déroute d’autres.

Le monde contemporain est marqué par différentes situations inédites, dont la globalisation. En effet, en partie grâce à l’évolution d’Internet, nous vivons dans un monde connecté qui offre de nouvelles possibilités pour les plus imaginatifs. Le JDR a grandement profité de cette situation en liant les rôlistes du globe.

Une table de jeu virtuel moderne : Foundry Virtual Tabletop

En effet, la pratique du jeu de rôle a évolué, sans perdre ses origines. De la table qui a donné son nom de Tabletop Roleplaying Game, il est passé à la grandeur nature et, surtout, au virtuel. En particulier avec les mois de confinement durant la pandémie, la pratique a gagné en popularité. Roll20 en reste le #1, mais d’autres existent avec leur propre touche.

Foundry Virtual Tabletop fait partie des derniers nés de cette catégorie. Officiellement, sa date de sortie est en 2020, mais c’est sans compter la poignée d’années de développement, d’Alpha et de Beta pour tester le logiciel. En fait, son histoire remonte à 2018 et à un seul individu : Andrew aussi connu sous son pseudo, Atropos. Il est toujours présent pour sa dernière version au moment où on écrit ces lignes, la V10.

Mais Foundry VTT, qu’est ce que c’est ? Il est une table de jeu virtuelle pour faire du jeu de rôle (CQFD !), sous la forme d’un logiciel dédié. Dans cet espace de plus en plus occupé, sa particularité est d’être extrêmement complet avec des fonctionnalités inédites. On peut le dire tout de suite : il vaut le coup pour son prix.

L’accessibilité de Foundry VTT

En effet, Foundry Virtual Tabletop n’existe que sous son format payant, à télécharger sur son site officiel. Cependant, il s’agit d’un achat à vie qui permet de profiter des fonctions de l’application  pour une cinquantaine d’euros.

En plus de l’accès à toutes les fonctionnalités de Foundry VTT, ce format de licence offre aussi d’autres avantages. D’une part, elle n’est nécessaire que pour le meneur de jeu, les joueurs peuvent jouer sans acheter de licence ! D’autre part, toutes les futures mises à jour elles aussi sont accessibles gratuitement dans ce lot.

Il appartient à l’utilisateur de faire le reste. Ceci implique, entre autres, de stocker les fichiers visuels, sonores sur son disque dur, ou encore d’ouvrir un port pour les joueurs afin qu’ils puissent se connecter à Foundry VTT.

Toutefois, il existe des formules alternatives pour ceux qui veulent court-circuiter les difficultés et les limites de cette approche. Par exemple, sur le site officiel ou sur The Forge, on peut s’abonner mensuellement pour acquérir un server où le logiciel est préinstallé et configuré, en fonction du prix, on a accès à différentes options.

Foundry Virtual Tabletop, un logiciel complet et complexe

Une fois le logiciel lancé, on se retrouve devant l’interface de Foundry Virtual Tabletop. Avant de débuter une partie (ou plutôt les préparations avant la partie), il faut créer un monde et, bien sûr, un système de jeu pour la partie.

Les systèmes de jeu dans Foundry VTT

Malgré son jeune âge, Foundry VTT a vite conquis la communauté des rôlistes. En plus de l’indispensable 5e édition de Donjons & Dragons développés par Atropos en personne, on retrouve les systèmes clés du moment. Actuellement, ce ne sont pas moins de 260 systèmes qu’il peut simuler. Qu’ils soient cultes ou indépendants, tous sont les bienvenus : Pathfinder et son petit frère Starfinder, Chroniques Oubliées, Fate Core, City of Mist,…  

Ce qui ne représente peut-être qu’une goutte dans l’océan des jeux de rôle ! Cette liste des systèmes n’est pas exhaustive (demandez au Guide du Rôliste Galactique). Et c’est sans compter sur les rôlistes qui continuent d’innover et d’inventer les mécaniques de jeu et les univers.

Dans ce cas, les créateurs utilisent l’option sandbox de Foundry Virtual Tabletop. Il s’agit d’une toile vierge sur laquelle on peut créer quasiment n’importe quel jeu. Par ailleurs, étant donné sa communauté très active, on trouve toujours (ou presque) des fans qui ont codé les systèmes méconnus par ce moyen avec l’aide de quelques modules.

Les modules : bottes secrètes de Foundry Virtual Tabletop

Les modules constituent l’un des fers de lance de cette table de jeu virtuelle. Il s’agit d’un terme très vague qui désigne des paquets que l’on peut installer en plus des systèmes et qui ajoutent ou complètent diverses fonctions du logiciel de base. En à peine quelques années, leur nombre a atteint les 2000 !

Du pratique comme de l’esthétique, voire de l’essentiel, on a des modules pour tout. Ainsi, parmi les exemples de modules, on compte Babele qui traduit le tout dans la langue de Molière, DDB-Importer, qui permet d’importer des personnages depuis D&D Beyond, ou encore D&D 5E Animations qui ajoute des animations aux actions des personnages. Les éditeurs proposent aussi les suppléments sous cette forme.

Attention cependant ! Les capacités des modules paraissent séduisantes, mais une règle d’or qui revient dans les tutoriels et les forums est de ne pas se précipiter dessus. Il y a des raisons à pourquoi ils ne sont pas installés automatiquement avec le logiciel de base.

En effet, ils viennent complexifier un outil informatique déjà difficile en ajoutant de nouvelles pièces mobiles à Foundry Virtual Tabletop. Mais en plus, comme tout bon modder des jeux Bethesda vous le dira, les mods n’aiment pas les mises à jour ! De ce fait, les modules peuvent cesser de fonctionner, ou pire faire mal fonctionner le tout, dès que le logiciel ou un de ces composants (java script par exemple) fait peau neuve.

Autour des parties

De toute manière, la version initiale de Foundry VTT propose beaucoup de fonctionnalités. Une fois la partie lancée, le meneur peut consulter différents onglets sur la droite pour gérer les personnages, les cartes, et plus. Il serait impossible d’en faire un tour complet ici.

La gestion des acteurs

Au niveau des personnages, qu’ils soient PJ ou PNJ, le meneur peut gérer leurs fiches aisément. Bien sûr manuellement, mais aussi pour les systèmes qui en disposent, par importation via les compendiums (DnD, Pathfinder, L’Anneau Unique,…).

Il s’agit de modules qui regroupent déjà les informations nécessaires pour les races, classes, monstres,… de façon à ce qu’elles soient prêtes à l’emploi, par cliquer-déposer sur l’espace approprié. Le logiciel peut aussi gérer automatiquement certains aspects mécaniques. Compter les points de vie, l’utilisation des sorts et les états,… devient plus facile que jamais et on peut même les voir sur la carte.

L’exploration des cartes dans Foundry Virtual Tabletop

Justement, l’onglet scène contrôle les cartes et autres images de fond que le meneur met face à ses joueurs. Avec certains modules, le meneur peut ajouter de petits effets immersifs pour l’ambiance.

Les possibilités qu’offre Foundry Virtual Tabletop sur les cartes constituent un de ses plus grands atouts. Hormis l’importation et la mise à l’échelle des cartes personnalisées, il propose aussi un contrôle de la visibilité et des accès idéal pour l’exploration. Déjà par l’intermédiaire de l’éclairage global, mais aussi et surtout par celui des murs.

Au moyen des murs, le meneur peut limiter la visibilité et/ou la mobilité des tokens des PJ sur la carte. On les crée par cliquer-glisser de l’outil approprié (la touche Ctrl permet d’automatiquement commencer le mur suivant là où s’arrête le dernier).

Ils se divisent en 6 types : normaux, terrains, invisibles, éthérés, portes et portes secrètes. Rapidement : les murs normaux bloquent à la fois la vision et le déplacement des tokens, les terrains permettent de voir ce qu’ils sont, mais pas au-delà, ni de les traverser. Les murs invisibles font office de fenêtre : on voit au travers, mais on ne les traverse pas, à l’inverse des éthérés comme le brouillard. Enfin, les portes peuvent être verrouillées et déverrouillées avec l’autorisation du meneur.

La flexibilité des permissions

En effet, dans Foundry Virtual Tabletop, le maître de jeu peut attribuer plus ou moins de pouvoirs à toutes les personnes qu’il invite à la partie. Au lieu de s’arrêter à la dichotomie MJ-Joueur, il peut choisir des assistants MJ et des joueurs de confiance et leur donner différentes permissions : qui peut jouer du son, qui peut écrire des notes…

En cours de partie, il peut aussi limiter qui peut voir ou manipuler des jetons. Maîtriser ces outils nécessite de la pratique et du temps, mais ils permettent de faire des parties sur Foundry VTT des expériences inégalées.

Conclusion : un outil spécialisé

Cette phrase résume assez bien le ressenti général sur ce logiciel. En termes de mécaniques et de flexibilité, il est probablement le plus poussé de toutes les tables de jeu virtuelles disponibles sur le marché.

Grâce à sa communauté et sa popularité, les néophytes peuvent trouver de l’aide ou même des modules et des cartes toutes faites à utiliser. Ceci réduit un peu l’investissement nécessaire pour jouer sur Foundry Virtual Tabletop.

Cependant, de par sa profondeur et par cet investissement financier et temporel pour le maîtriser, il ne s’adresse pas à tout le monde. D’autant plus qu’au final, les utilisateurs n’emploieront seulement qu’une partie, peut-être infime, des outils. Hé oui, en un demi-siècle, une règle d’or n’a pas changé : le JDR peut se faire avec seulement un crayon, quelques feuilles et une poignée d’amis !  

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