Foundry Virtual Tabletop, abrégé par Foundry VTT fait partie des références en termes de table de jeu virtuel dans le cadre des TTRPG en ligne. Grâce à ses différentes fonctions et sa modularité, il est devenu un allié incontournable pour certains rôlistes virtuels.
Les tables de jeu virtuels ont gagné une place à part comme manière de faire du JDR actuellement. Il existe ainsi un large choix de VTT sur le marché avec leurs particularités, certains privilégiant la sophistication et la puissance, au prix d’une courbe d’apprentissage raide, comme Foundry Virtual Tabletop.
Une table de jeu virtuel moderne : Foundry Virtual Tabletop
D’abord apparu pour être joué sur table, d’où le nom de Tabletop Roleplaying Game, le JDR papier a développé d’autres formes par la suite. En dehors de ce style classique, on compte donc aussi des variantes dont le JDR grandeur nature, le play-by-post, le JDR Solo ou encore le JDR virtuel. La pandémie du début des années 2020 a popularisé cette dernière et si Roll20 en reste le #1, Foundry VTT n’est pas loin derrière.
Foundry VTT, du VTT d’Atropos de 2018 à la V14 actuelle
Foundry Virtual Tabletop vient relativement tard dans cette catégorie. Officiellement, sa date de sortie est en 2020, mais c’est sans compter la poignée d’années de développement, d’Alpha et de Beta pour tester le logiciel. En fait, son histoire remonte à 2018 et à un seul individu : Andrew aussi connu sous son pseudo, Atropos. Il est toujours présent pour sa dernière version au moment où on écrit ces lignes, la V14.
Mais Foundry VTT, qu’est ce que c’est ? Il est une table de jeu virtuelle pour faire du jeu de rôle (CQFD !), sous la forme d’un logiciel dédié. Dans cet espace de plus en plus occupé, sa particularité est d’être extrêmement complet avec des fonctionnalités inédites. On peut le dire tout de suite : il vaut le coup pour son prix.
Foundry VTT, son positionnement et les alternatives du marché
En effet, Foundry VTT se démarque grâce à son modèle économique basé sur un achat unique avec une licence à vie, sans abonnement. De plus, il repose sur le principe du self-hosting, l’auto-hébergement par le Meneur de Jeu qui fait tourner le serveur directement sur sa machine ou passe par un partenaire tiers. Foundry permet donc de s’affranchir ainsi des limites de stockage cloud présent chez la concurrence.
En comparaison, les alternatives historiques proposent des philosophies bien distinctes, faisant de Foundry VTT un juste milieu très intéressant. D’une part, on trouve Roll20 qui mise avant tout sur l’accessibilité immédiate et un hébergement 100 % web sur navigateur avec une formule freemium. Sa communauté est aussi vastement supérieure aux autres.
D’autre part, c’est Fantasy Grounds Unity qui a sauté le pas vers un modèle gratuit. Il propose aussi un immense catalogue de règles officielles et une automatisation native très poussée, comme Foundry VTT.
L’accessibilité de Foundry VTT
Foundry Virtual Tabletop n’existe que sous son format payant. Il se télécharge pour une cinquantaine d’euros sur son site officiel et la licence est une licence à vie, mises à jour incluses. Malgré tout, il faut noter qu’acquérir les modules, tels que les règles programmées de chaque jeu dont DnD ou encore l’AdC constituent une transaction à part pour 25 à 30 Euros en moyenne par système. Tous ces achats ne sont essentiels que pour le meneur de jeu. Ses joueurs y accèdent gratuitement pendant la partie.
Une fois acheté, Foundry est prêt à être lancé et configuré. Il appartient à l’utilisateur de faire le reste. Ceci implique, entre autres, de stocker les fichiers visuels, sonores sur son disque dur, ou encore d’ouvrir un port pour les joueurs afin qu’ils puissent se connecter à Foundry VTT.
Les prérequis techniques, software et hardware, de Foundry
Pour lancer Foundry VTT en tant que MJ, la configuration matérielle doit être prête à encaisser la richesse visuelle du logiciel. Côté système d’exploitation, l’application native exige un environnement 64 bits moderne, articulé autour de Windows 10/11, de macOS (Sonoma ou ultérieur) ou d’une distribution Linux récente comme Ubuntu ou Debian.
En matière de mémoire et de calcul, bien que le serveur interne soit peu gourmand, le moteur de rendu demande au minimum 8 Go de RAM, voire 16 Go étant recommandés pour fluidifier l’usage de modules tiers, et un processeur central multi-cœur véloce.
Le véritable pilier de la configuration pour faire tourner Foundry VTT reste toutefois la puce graphique. Intégrée ou dédiée, le GPU doit impérativement prendre en charge l’accélération matérielle et la norme WebGL 2.0. Cette caractéristique demeure indispensable pour calculer en temps réel la ligne de vue, les animations de lumière et l’affichage des cartes en haute résolution.
La configuration initiale, dernier stade avant le départ
La configuration initiale implique également de rendre la table virtuelle accessible aux joueurs à distance. En optant pour l’auto-hébergement classique, il faudra ouvrir le port TCP 30000 dans les paramètres de gestion du box internet et configurer une redirection de port pointant directement vers l’adresse IP locale de la machine.
Pour les rôlistes bloqués par les configurations restrictives de certains opérateurs ou par des technologies comme le CG-NAT, il existe des solutions de secours comme les tunnels inversés (Playit.gg ou Pinggy). Ils permettent de partager un lien d’accès sans toucher aux options du routeur.
Enfin, pour ceux qui préfèrent s’affranchir de la technique et s’assurer que leur monde reste disponible 24h/24 même lorsque leur ordinateur est éteint, la souscription à des services d’hébergement tiers. Spécialisés et partenaires, ils sont prêts à l’emploi, comme The Forge, FoundryServer ou Molten Hosting. Ils s’imposent comme l’alternative la plus simple et robuste du marché.

Foundry Virtual Tabletop, un logiciel complet et complexe
Une fois le logiciel lancé, on se retrouve devant l’interface de Foundry Virtual Tabletop. Avant de débuter une partie (ou plutôt les préparations avant la partie), il faut créer un monde et, bien sûr, un système de jeu pour la partie.
Les systèmes de jeu dans Foundry VTT
Malgré son jeune âge, Foundry VTT a vite conquis la communauté des rôlistes. En plus de l’indispensable 5e édition de Donjons & Dragons développés par Atropos en personne, on retrouve les systèmes clés du moment. Actuellement, ce ne sont pas moins de 260 systèmes qu’il peut simuler. Qu’ils soient cultes ou indépendants, tous sont les bienvenus : Pathfinder et son petit frère Starfinder, Chroniques Oubliées, Fate Core, City of Mist,…
Ce qui ne représente peut-être qu’une goutte dans l’océan des jeux de rôle ! Cette liste des systèmes n’est pas exhaustive (demandez au Guide du Rôliste Galactique). Et c’est sans compter sur les rôlistes qui continuent d’innover et d’inventer les mécaniques de jeu et les univers.
Dans ce cas, les créateurs utilisent l’option sandbox de Foundry Virtual Tabletop. Il s’agit d’une toile vierge sur laquelle on peut créer quasiment n’importe quel jeu. Par ailleurs, étant donné sa communauté très active, on trouve toujours (ou presque) des fans qui ont codé les systèmes méconnus par ce moyen avec l’aide de quelques modules.
Les modules : bottes secrètes de Foundry Virtual Tabletop
Les modules constituent l’un des fers de lance de cette table de jeu virtuelle. Il s’agit d’un terme très vague qui désigne des paquets que l’on peut installer en plus des systèmes et qui ajoutent ou complètent diverses fonctions du logiciel de base. En à peine quelques années, leur nombre a atteint les 2000 !
Du pratique comme de l’esthétique, voire de l’essentiel, on a des modules pour tout. Ainsi, parmi les exemples de modules, on compte Babele qui traduit le tout dans la langue de Molière, DDB-Importer, qui permet d’importer des personnages depuis D&D Beyond, ou encore D&D 5E Animations qui ajoute des animations aux actions des personnages. Les éditeurs proposent aussi les suppléments sous cette forme.
Attention cependant ! Les capacités des modules paraissent séduisantes, mais une règle d’or qui revient dans les tutoriels et les forums est de ne pas se précipiter dessus. Il y a des raisons à pourquoi ils ne sont pas installés automatiquement avec le logiciel de base.
En effet, ils viennent complexifier un outil informatique déjà difficile en ajoutant de nouvelles pièces mobiles à Foundry Virtual Tabletop. Mais en plus, comme tout bon modder des jeux Bethesda vous le dira, les mods n’aiment pas les mises à jour ! De ce fait, les modules peuvent cesser de fonctionner, ou pire faire mal fonctionner le tout, dès que le logiciel ou un de ces composants (java script par exemple) fait peau neuve.
Autour des parties
De toute manière, la version initiale de Foundry VTT propose beaucoup de fonctionnalités. Une fois la partie lancée, le meneur peut consulter différents onglets sur la droite pour gérer les personnages, les cartes, et plus. Il serait impossible d’en faire un tour complet ici.
La gestion des acteurs
Au niveau des personnages, qu’ils soient PJ ou PNJ, le meneur peut gérer leurs fiches aisément. Bien sûr manuellement, mais aussi pour les systèmes qui en disposent, par importation via les compendiums (DnD, Pathfinder, L’Anneau Unique,…).
Il s’agit de modules qui regroupent déjà les informations nécessaires pour les races, classes, monstres,… de façon à ce qu’elles soient prêtes à l’emploi, par cliquer-déposer sur l’espace approprié. Le logiciel peut aussi gérer automatiquement certains aspects mécaniques. Compter les points de vie, l’utilisation des sorts et les états,… devient plus facile que jamais et on peut même les voir sur la carte.

L’exploration des cartes dans Foundry Virtual Tabletop
Justement, l’onglet scène contrôle les cartes et autres images de fond que le meneur met face à ses joueurs. Avec certains modules, le meneur peut ajouter de petits effets immersifs pour l’ambiance.
Les possibilités qu’offre Foundry Virtual Tabletop sur les cartes constituent un de ses plus grands atouts. Hormis l’importation et la mise à l’échelle des cartes personnalisées, il propose aussi un contrôle de la visibilité et des accès idéal pour l’exploration. Déjà par l’intermédiaire de l’éclairage global, mais aussi et surtout par celui des murs.
Au moyen des murs, le meneur peut limiter la visibilité et/ou la mobilité des tokens des PJ sur la carte. On les crée par cliquer-glisser de l’outil approprié (la touche Ctrl permet d’automatiquement commencer le mur suivant là où s’arrête le dernier).
Ils se divisent en 6 types : normaux, terrains, invisibles, éthérés, portes et portes secrètes. Rapidement : les murs normaux bloquent à la fois la vision et le déplacement des tokens, les terrains permettent de voir ce qu’ils sont, mais pas au-delà, ni de les traverser. Les murs invisibles font office de fenêtre : on voit au travers, mais on ne les traverse pas, à l’inverse des éthérés comme le brouillard. Enfin, les portes peuvent être verrouillées et déverrouillées avec l’autorisation du meneur.
La flexibilité des permissions
En effet, dans Foundry Virtual Tabletop, le maître de jeu peut attribuer plus ou moins de pouvoirs à toutes les personnes qu’il invite à la partie. Au lieu de s’arrêter à la dichotomie MJ-Joueur, il peut choisir des assistants MJ et des joueurs de confiance et leur donner différentes permissions : qui peut jouer du son, qui peut écrire des notes…
En cours de partie, il peut aussi limiter qui peut voir ou manipuler des jetons. Maîtriser ces outils nécessite de la pratique et du temps, mais ils permettent de faire des parties sur Foundry VTT des expériences inégalées.
Conclusion : un outil spécialisé
Cette phrase résume assez bien le ressenti général sur ce logiciel. En termes de mécaniques et de flexibilité, il est probablement le plus poussé de toutes les tables de jeu virtuelles disponibles sur le marché.
Grâce à sa communauté et sa popularité, les néophytes peuvent trouver de l’aide ou même des modules et des cartes toutes faites à utiliser. Ceci réduit un peu l’investissement nécessaire pour jouer sur Foundry Virtual Tabletop.
Cependant, de par sa profondeur et par cet investissement financier et temporel pour le maîtriser, il ne s’adresse pas à tout le monde. D’autant plus qu’au final, les utilisateurs n’emploieront seulement qu’une partie, peut-être infime, des outils. Hé oui, en un demi-siècle, une règle d’or n’a pas changé : le JDR peut se faire avec seulement un crayon, quelques feuilles et une poignée d’amis !
Le futur et le potentiel de Foundry VTT
En à peine trois ans d’existence, la plateforme a connu une croissance continue. Ainsi, l’année 2023 constitue une des plus rentables et fructueux pour la table de jeu virtuelle. Dans son rapport annuel, par exemple, il a enregistré une hausse significative des membres de la communauté à travers les réseaux sociaux.
Mais en plus, non seulement le nombre d’utilisateurs en général a augmenté, mais surtout celui des utilisateurs payants et premium. Un signe de la pérennité de Foundry Virtual Tabletop qui peut donc espérer continuer à approfondir son développement.
Les grandes compagnies y trouvent aussi leur compte puisque Wizards of the Coast a commencé un partenariat avec la plateforme. Annoncé à la fin du mois de janvier 2024, ce partenariat peut sembler surprenant quand on sait que la compagnie prépare aussi son propre VTT. Quoiqu’il en soit, il a permis une grande mise à jour des fonctionnalités liées à la V5 du père des JDR.
Si Foundry Virtual Tabletop en est à présent à sa V14 depuis 2026, les créateurs continuent son développement en coulisse. La V15 pourrait voir le jour d’ici l’année prochaine à ce rythme. Les progrès sont d’ailleurs particulièrement rapide puisque la plateforme avance parfois de plusieurs versions en une année. Les avancées se financent via le Patreon officiel qu’il ne faut donc pas hésiter à suivre pour rester à la pointe.


