L’Ombre du Seigneur Démon est un JDR dans un monde aux portes de la destruction. Il embrasse le DARK de la dark fantasy.
On parle souvent de jeux de rôle alternatifs à DnD 5E, l’actuel géant du hobby. Et si Pathfinder et plus récemment Shadowdark sont les plus cités, peu de temps après la sortie du jeu de WotC, un jeu avait rapidement suivi via Kickstarter.
« Ce que j’aurais fait si je devais créer Donjons & Dragons »
Intitulé Shadow of the Demon Lord (SotDL) ou L’Ombre du Seigneur Démon en français, il arrive en financement participatif en mars 2015 et sur le marché en août de la même année. À peu près un an donc après la nouvelle édition de Donjons & Dragons. Ces deux jeux ont un lien de parenté. En effet, SotDL est l’œuvre de Robert J.Schwalb, un professionnel du JDR qui a participé à l’élaboration de nombreux titres à son actif dont d20 et DnD 5E.
C’est suite à son travail sur ce dernier qu’il crée Schwalb Entertainement. De ses aveux dans des entretiens qu’il a donnés au fil des années, Schwalb fait un lien entre la création de Shadow of the Demon Lord, son travail chez Wizards et des motivations personnelles. Il avait travaillé sur DnD, mais déplorait les limites imposées ainsi que les visions divergentes sur la direction que devaient et pouvaient prendre les designers.
Fin 2013, son contrat avec l’éditeur s’achève et il couche ses idées ainsi que sa colère sur le papier. D’une certaine manière, L’Ombre du Seigneur Démon représente ce que la 5e édition serait s’il avait eu le plein contrôle dessus. Un jeu plus sombre, même très sombre, mais aussi mécaniquement plus simple et aux campagnes plus courtes et héroïques.
Les (anti-) héros de L’Ombre du Seigneur Démon
Le cadre de SotDL s’appelle Rûl. Un monde médiéval, à la technologie préindustrielle où humains, automates et races de fantasy se côtoient et se battent. Mais l’univers est menacé, notamment par l’arrivée imminente de l’éponyme Seigneur Démon. Aux protagonistes, héros ou non, de le sauver de ces désastres.
Ces protagonistes sont les PJ. Ils appartiennent à l’une des ascendances (les races) qui fréquentent Rûl. Ce sont : humain, nain, orc, gobelin, changelin ou automate dans le livret de base. Chacun se définit aussi par des talents liés à cette ascendance ainsi que par deux professions. Les valeurs de 4 attributs et de 10 caractéristiques complètent ceux-ci au niveau 0.
Comme pour DCC, les joueurs peuvent participer à une première aventure qui permet à ces personnages d’arriver au niveau 1. Là, ils choisissent une des 4 formations d’apprenti avec des capacités et bonus uniques, basés sur les archétypes habituels du jeu de rôle : magicien, prêtre, roublard et guerrier. Ensuite, le système de progression de L’Ombre du Seigneur Démon se différencie de ce que l’on trouve chez DnD et chez les autres TTRPG avec une classe.
En effet, aux niveaux 3 puis 7, les PJ accèdent à une voie, d’expert et de maîtres respectivement. À chaque palier, les joueurs ont plus de choix et chaque palier est plus précis et défini que le précédent. La seule condition pour accéder à une voie est une justification narrative cohérente. SotDL invite les joueurs à personnaliser librement la carrière de leur avatar. Cette progression s’arrête au niveau 10. Ce n’est pas un hasard, les campagnes tendent à s’achever aux alentours à ce stade.
Une variante du système d20
Les mécaniques de résolution de L’Ombre du Seigneur Démon s’approchent aussi de celles de son cousin. Mais la différence de philosophie est similaire à celle entre les campagnes. Ainsi, on se retrouve dans les deux cas face à un système 1d20 VS un niveau de difficulté. Les attributs se traduisent par un bonus de (égal à 10 – leur valeur). Il existe un système d’avantage et de désavantage sous la forme de d6 qui s’ajoutent ou se soustraient au résultat. Si un joueur a à la fois des avantages et des désavantages, ils s’annulent avant le jet et seule la valeur la plus élevée est gardée.
SotDL nécessite donc moins de dés et moins de calcul à chaque résolution. Les combats suivent aussi un système à part pour l’initiative, elle se répartit entre l’initiative rapide et l’initiative longue. Ceux qui optent pour la première agissent en premier, en échange de ne pouvoir que se déplacer ou effectuer une action tandis que ceux qui prennent une initiative longue viennent après, mais pourront faire les deux. Il y a donc un choix tactique à faire.
Un monde noir et mortel
La magie dans L’Ombre du Seigneur Démon reflète bien l’esprit du monde et du jeu. Les PJ ont en une utilisation limitée définie par jour et les sorts se répartissent en écoles. Certaines de celles-ci se basent clairement sur des arts obscurs (comme la nécromancie) et dont l’apprentissage et l’utilisation sont non seulement dangereux, mais aussi interdits. Si l’option est laissée aux joueurs, ils en connaissent les conséquences : la corruption.
Celle-ci résulte d’actions moralement mauvaises, comme sacrifier un être vivant pour accéder à leur quota quotidien des arts noirs, et affecte négativement le PJ au fur et à mesure qu’elle augmente. Ainsi, un PJ totalement corrompu ne peut être ramené à la vie, par exemple, et la survie n’est jamais une garantie dans ce jeu.
La mort vient aussi assez facilement puisqu’une créature joueur ou non meurt à 0 PV. Et les soins ne sont ni complets ni donnés. Comme les repos : ils sont plus stricts et moins reposants que dans DnD allant de 8 h ininterrompu au minimum, mais plus conséquents à partir de 24 h uniquement.
Au-delà de L’Ombre du Seigneur Démon
Plus simple et surtout plus « gracieux » que DnD pour certains, L’Ombre du Seigneur Démon a réussi à se trouver son public de niche. Il ne pouvait en être autrement du fait de son univers destiné à un public averti.
Pour finir, Schwalb a explicité qu’il ne fera jamais une V2 pour SotDL. Le système et le monde l’ont déjà satisfait. En revanche, il existe un héritier, un SotDL 1.5, fraîchement sorti en août 2024 : Shadow of the Weird Wizard. Presque similaire mécaniquement, mais légèrement peaufiné, il se démarque surtout par le fait qu’il dispose d’un univers plus accessible afin de toucher un public plus large.
SotDL en France : une nouvelle vague pour 2025!
En bientôt une décennie, SotDL a eu droit à deux centaines d’extensions qui ont tous traversé l’Atlantique grâce à Black Book Editions, en PDF, il reste dispo ici, sur DriveThruRPG.. Par ailleurs, BBE revient à présent sur la gamme avec une promotion pour les néophytes sur l’éditions collector et en proposant de nouveaux ouvrages sur GameOnTabletop : « Héritage ». Profitez de la campagne du 28 avril 2025 au 06 mai 2025, pour une livraison prévue en 2026.
L’offre « L’Ombre du Seigneur Démon : Héritage » comprend principalement trois ouvrages qui viennent enrichir le jeu. Le premier d’entre eux, l’éponyme « Héritage du Seigneur Démon » présente le lore de ce dernier de son ascension à sa chute. De plus, il offre de nouveaux choix et mécaniques aux joueurs afin de faire face aux menaces inédites que le meneur pourra mettre sur leur chemin dans les scénarios inclut.
Les deux autres ouvrages amènent les aventuriers dans de nouvelles contrées. D’abord, à travers l’Atlas qui introduit les villes et les lieux dangereux qui n’ont jamais été abordés, ainsi que leurs habitants, notamment la ville de Freeport qui a droit à une campagne à elle. D’ailleurs, le Compagnon de Freeport constitue le troisième ouvrage de cette campagne : ville portuaire, il ouvre le continent sur la mer et le monde.

