Apocalypse World est une icône des JDR, l’un des pères fondateurs du jeu de rôle moderne. Ainsi, dans la suite d’Apocalypse World, on trouve toute une famille de titres avec des bases communes, mais aussi leurs personnalités uniques.
En dehors des jeux de niche aux mécaniques inédites, on trouve aussi des jeux qui inspirent aussi d’autres titres. Ainsi, comme Donjons & Dragons avec les jeux d20 ou encore L’Appel de Chtulhu avec sa résolution au d100, Apocalypse World a lancé sa famille. Mais plus qu’un système, il s’agit aussi d’une philosophie de jeu.
La légende d’Apocalypse World
Pour comprendre l’histoire du JDR Apocalypse World, il faut remonter aux débuts des années 2000. C’est à cette époque qu’un créateur américain, Vincent Baker, créée Dogs in the Vineyards, un jeu inspiré par l’histoire des mormons dans un ouest sauvage particulièrement dangereux. C’était chez Lumpley Games, chez qui il sortira aussi son prochain titre, presque une décennie plus tard.
Ce prochain jeu s’appelle Apocalypse World. Comme Dogs, AW amène les joueurs à travers une période historique alternative. Cette fois, il s’agit d’un monde post-apocalyptique. Toutefois, le reste du contexte est laissé à l’imagination des rôlistes. Lors de la session 0, les joueurs déterminent ensemble de ce cadre avec le maître de jeu, aussi appelé le Maître de Cérémonie.
Ces deux détails mettent en avant ce qui caractérise la famille des JDR d’Apocalypse World. En considérant le Maître de jeu ou Maître de Donjon, comme le Maître de Cérémonie, il met nettement plus en avant l’aspect théâtral du jeu. Ce style narratif est d’autant plus renforcé par cette coopération entre le MC et les joueurs : il met ainsi en avant que ce beau monde est là pour raconter une histoire ensemble.
Apocalypse World, l’un des premiers JDR narratifs
Son moteur applique ce twist « narratif » et « théâtral » aux différents aspects d’un jeu de rôle classique. Ainsi, du côté des joueurs, les PJ se définissent par une variante de la classe appelée « archétype » ou playbook et qui se démarque par son rôle au sein du type d’histoire. Chaque archétype d’Apocalypse World pioche dans l’imaginaire collectif et la culture populaire du post apo afin de donner une idée très vague de ce qui défini un archétype, on y trouve des idées comme le gentil médecin ou encore le bricoleur de génie.
Afin de séparer d’autant plus les différents archétypes dans le JDR Apocalypse World, chacun devrait être unique. Une même table ne devrait, généralement, ne compter qu’un seul représentant de chaque archétype, sauf si les participants en décident autrement. Les fiches sont pratiquement déjà remplies avec juste quelques choix à faire.
Les Moves : actions cinématiques uniques
Parmi ces choix, on trouve notamment la liste des Moves. Ces Actions sont des listes uniques à chaque Archétypes et qui représentent des réalisations qui leur donnent les projecteurs quand ils entrent en jeu. Les Actions semblent difficilement compréhensibles si on les approche comme les sorts ou encore les actions uniques aux classes dans DnD.
Il faut en fait changer de vision pour comprendre Apocalypse Word, il faut penser le JDR comme un film ou un théâtre et non comme un jeu. Le MC fait les descriptions et incarnent les PJ, mais surtout fait avancer l’histoire. En conséquence, il laisse souvent la place aux joueurs de raconter, n’intervenant que quand il devient nécessaire en réaction à l’action des joueurs. Par exemple, si l’un des joueurs rate un jet, alors le MC prend le contrôle.
Un jeu où la table raconte ensemble
Les jets se font donc uniquement du côté des joueurs. Ils les réalisent au moyen de 2 dés à 6 faces. Il n’est pas d’ailleurs réellement nécessaire de faire souvent des jets pour déterminer la conséquence qu’une action, la fiction devrait se diriger elle-même. En général, les Moves affectent aussi ces scènes en donnant la capacité aux PJ de réaliser certaines actions ou en favorisent d’autres.
Trois degrés de résultats existent dans le JDR Apocalypse World. En effet, avec un jet de 6 ou moins, l’action aboutit sur un échec : c’est le cas où le MC prend le contrôle et décide d’une conséquence appropriée. Un résultat allant de 7 à 9 débouche sur un résultat mitigé : la réussite est possible à un coût ou avec un effet secondaire inattendu. Enfin, 10 et plus donne une réussite sans appel : l’action est un succès, parfois avec des bénéfices additionnels. Les 2 dés sont généralement modifiés par des modificateurs, comme les stats, allant de -3 à +3.
Le meneur s’amuse surtout à travers les outils qu’il a à sa disposition pour rendre la vie des PJ passionnante. Il donne vie au monde à travers d’autres PJ, des événements,… qu’il peut suivre au moyen d’horloges et autres fronts qui font évoluer dynamiquement l’univers à la connaissance ou à l’insu des protagonistes.
Après Apocalypse World : nouvelle édition, renouveau et une famille de JDR
Après son succès initial, Apocalypse World a eu droit à d’autres éditions qui ont affinés le jeu. Six ans après l’édition initiale, en 2016, Baker et Lumpley Games sortent une deuxième édition qui renforce la jouabilité, sans chambouler le reste du jeu. De plus grandes transformations s’ensuivent à travers le hackbook.
Ainsi, le hackbook Burned Over, Apocalypse World prend une autre tournure. Exit l’aspect adulte edgy du jeu original : la caractéristique Charme ou Hot disparait, ainsi que les Actions liées au sexe, le Psi gagne une place plus prépondérante. Burned Over reste toujours dans l’idée d’un monde post-apocalyptique à définir ensemble par le MC et ses joueurs grâce au principe de « Hard World ».
Apocalypse World Burned Over devient d’ailleurs une sorte de 3eédition pour les dix ans de la seconde édition et les quinze ans du jeu. En effet, Baker revient sur Kickstarter avec le projet de transformer le hackbook, une extension nécessitant donc le jeu de base en un titre indépendant. Le succès était tout de suite au rendez-vous, malgré l’aspect tout à fait optionnel qu’il présente.
Cette popularité rappelle que Apocalypse World a constitué un point marquant pour la scène du JDR en général. En effet, il n’était que le premier d’une longue liste de ce que l’on appelle à présent les jeux Propulsés par l’Apocalypse ou PbtA. Particulièrement populaire pour sa souplesse et sa simplicité, il a donné des jeux plus variés les uns que les autres …



