Lorgar Aurelian, aussi surnommé Urizen, dirigeait la 17e Légion des Space Marines, les Word Bearers. Il est une figure centrale de la trahison qui a mené à l’Hérésie d’Horus, marquant sa chute vers le Chaos. Son fanatisme religieux et sa quête de vérité l’ont conduit à devenir le premier Primarque corrompu par les Puissances du Warp.
Suite à l’unification de Terra, l’Empereur de l’Humanité met en place le projet de la Grande Croisade. Une campagne galactique dans le but de restaurer l’Empire spatial que les hommes avaient perdu avant les âges sombres. Une entreprise qui allait demander l’aide des meilleurs alliés possibles.
Les origines de Lorgar Aurelian, enfant de Colchis et futur héraut
L’ombre de Kor Phaeron sur l’enfance de Lorgar
Pour poursuivre son rêve de la Grande Croisade, l’Empereur projette de se créer des « Fils », les Primarques. Ces alliés, les Primarques, étaient des êtres surhumains destinés à diriger les Légions Astartes et à servir de généraux et de symboles de l’Imperium naissant, chacun incarnant une facette du génie de l’Empereur.
Fabriqués dans un laboratoire caché dans les montagnes de l’Himalaya par une combinaison d’une technologie en avance sur son temps et de magie du Warp, ces êtres surhumains ont été éparpillés à travers les mondes de la galaxie par les Dieux du Chaos.
Le berceau de Lorgar s’écrasa sur le monde théocratique de Colchis, une planète où la religion imprégnait la vie des habitants. Une terre de fanatisme où le moindre geste était dicté par des rites anciens. Recueilli par une tribu de parias, l’enfant fut rapidement arraché à leur vie simple par Kor Phaeron, un prêtre exilé du Covenant.
Lorgar n’eut pas la chance de certains de ces frères. En effet, tout ce que le Primarque trouva en cet homme ne fut jamais la douceur paternelle, mais la rigueur d’un mentor cruel et manipulateur. Leur relation devint une alternance perpétuelle entre transmission spirituelle et abus systématiques. Kor Phaeron battait le jeune Primarque pour chaque faille, chaque erreur de récitation ou d’interprétation des textes sacrés, cherchant à forger un outil divin dans le creuset de la souffrance.
Paradoxalement, dans une ambivalence déchirante qui le suivra toute sa vie, Lorgar développa un attachement profond pour son tourmenteur, allant jusqu’à sauver sa vie lors d’une mutinerie contre lui. C’est dans ce terreau de ferveur, de discipline martiale et de douleur psychologique que naquit l’Urizen, celui qui allait soulever les foules par son oratoire flamboyant, renversant les anciens dieux locaux pour préparer l’humanité à la venue de « Celui qui est Un ».
La rencontre avec son Père, Dieu malgré lui
La prophétie de Lorgar prit enfin corps lorsque l’Empereur, rayonnant d’une puissance psychique indicible et accompagné du cyclope Magnus le Rouge, descendit des cieux. Pour Lorgar, ce ne fut pas le retour d’un simple monarque humain, mais une théophanie absolue. Il tomba à genoux, voyant en son père le Dieu-Soleil qu’il avait toujours chanté.
L’Empereur, pourtant fervent porteur de la Vérité Impériale et qui avait éliminé la foi sur Terra depuis la conquête du Monde-Trône, accepta ce fils dévoué. Il ignorait, ou sous-estimait, que cette dévotion était une lame à double tranchant.
Lorgar embrassa la Grande Croisade non comme une conquête militaire, mais comme un pèlerinage sacré. La XVIIe Legiones astartes, les Word Bearers, ont le rôle de héraut de l’Imperium. Ils portent la Parole de l’Empereur de l’Humanité et le charisme de Lorgar constitue sa force unique en tant que Primarque.
Mais son interprétation de ce rôle et l’attente qu’avait son Père ne coïncidaient pas forcément. Et si pour le Primarque chaque monde conquis par lui et ses fils devait devenir un autel à la gloire de son géniteur, l’Empereur attendait de lui de porter la Vérité Impériale pour affamer et éradiquer le Chaos. Ainsi, la vision de Lorgar allait rapidement entrer en conflit frontal avec les préceptes rationnels du Maître de l’Humanité.
Lorgard pendant la Grande Croisade
L’Urizen, une empathie et une foi destructrices
Lorgar Aurelian n’était ni un boucher comme Angron, ni un stratège comme Guilliman. Il était l’âme sensible et tourmentée de la fratrie, doté d’une empathie psychique qui le rendait vulnérable à la moindre dissonance spirituelle. Son surnom reçu sur Colchis, l’Urizen signifie le plus sage des sages. Et Lorgar partageait avec Magnus le Rouge une soif insatiable de savoir.
Toutefois, les Thousand Sons et les Word Bearers ont une vision différente de cette quête, les premiers ont une approche scientifique tandis que les derniers ont en une spirituelle. Là où Magnus cherchait la compréhension technique et mathématique du Warp pour le mettre au service de la vision de l’Empereur, Lorgar en cherchait la moralité et la finalité métaphysique.
Son enfance sur Colchis et l’éducation qu’il avait reçu de Kor Phaeron l’avaient aussi formé. Marqué par cette ascendance singulière et un tempérament extrême, Lorgar cherche quelque chose, une vérité absolue qui transcende la Galaxie. Il le résume dans le Livre de Lorgar en une simple phrase : « Tout ce que j’ai toujours voulu, c’était la vérité. »
Au-delà de la quête de vérité et son charisme d’orateur, Lorgar fait aussi preuve d’une grande empathie. D’une certaine manière, elle fut son plus grand don, mais aussi son plus terrible fardeau dans un monde aussi sombre que celui de Warhammer 40K. Il est indéniable que Lorgar aimait ses fils, ses frères et son Père avec une intensité qui ne connaissait ni filtre, ni limite.
Pour Lorgar, un monde sans foi était un monde intrinsèquement mort, une existence vide de sens. Il ne pouvait tout simplement pas concevoir l’obéissance sans l’adoration. C’est tout ce qu’il avait connu sur Colchis après tout.
Et cette conviction absolue fut le moteur de sa tragédie. Face à la froideur rationnelle et pragmatique de l’Imperium du 30e millénaire, sa ferveur apparut comme une dangereuse aberration qu’il fallait, selon l’Empereur, « corriger ». L’une de ses plus grandes fautes aux côtés de l’abandon des compagnons d’Angron.
La catastrophe de Monarchia et la rupture avec l’Imperium
Les cendres de la Cité Parfaite
Le traumatisme fondateur des Word Bearers et de leur Primarque, le point de non-retour, porte un nom indélébile : Monarchia. Sur le monde de Khur, Lorgar avait bâti ce qu’il appelait la « Cité Parfaite ». Ce monde est à la fois un joyau d’architecture et un modèle de spiritualité. Chaque habitant y vivait dans l’exaltation et chantait les louanges de l’Empereur. Mais pour ce dernier, cette vénération était une hérésie intolérable contre la raison impériale. L’hérésie de trop qui conduit à une mesure extrême. Ainsi, il ordonna aux Ultramarines, les fils de Roboute Guilliman de Macragge, de raser Monarchia.
Lorgar fut contraint de s’agenouiller dans les cendres fumantes de son œuvre, devant ses cent mille fils humiliés, sous le regard glacial et méprisant de son Père. Ce ne fut pas seulement une ville qui mourut ce jour-là, mais l’idéal de Lorgar. Son cœur, brisé par l’humiliation publique et le rejet paternel, devint une terre fertile pour la rancœur.
L’Empereur pensait mettre fin à son culte. Mais les conséquences dépassent ce qu’il avait anticipé. Si son père refusait d’être un dieu, alors Lorgar en trouverait d’autres. Il en trouvera des plus anciens, plus assoiffés et, surtout, plus reconnaissants de sa dévotion.
Le pèlerinage et la révélation du Panthéon du Chaos de Warhammer 40K
Guidé par les conseils d’un de ses fils, Erebus, et de son père adoptif, Kor Phaeron, Lorgar entama un pèlerinage ésotérique vers l’œil de la Terreur. Ce voyage l’amène sur la planète primitive de Cadia. Là, l’Urizen plongea dans l’abîme mystique pour rencontrer la Vérité Primordiale.
Aux yeux de Lorgar, il ne voyait pas des démons. Pour lui, il s’agissait de forces fondamentales et brutes de l’existence : les 4 Dieux du Chaos. Il découvrit l’intensité sanglante de Khorne, le cycle éternel de décomposition de Nurgle, les labyrinthes de manipulations de Tzeentch et l’extase insupportable de Slaanesh.
Plutôt que de choisir un seul maître, Lorgar prêchait maintenant le Chaos Indivisible. Il avait maintenant une nouvelle conviction : que l’humanité ne pourrait survivre qu’en s’unissant à ces entités, les seules véritables divinités de la galaxie.
De cette révélation naquit le nouveau Livre de Lorgar, un grimoire de sang destiné à remplacer la Lectitio Divinitatus. La Légion se mua alors en une armée de missionnaires noirs, prête à incendier la galaxie pour « sauver » les âmes humaines, non par la lumière, mais par l’emprise des Puissances de la Ruine.
Lorgar et les Word Bearers mettent d’abord en place les loges. Ces groupes dispersaient à travers toutes les Légions prenaient l’apparence de groupes d’échange où chaque frère pouvait prendre la parole et s’exprimer indépendamment de son rang.
Mais il s’agissait aussi de clubs plus secrets où les Word Bearers pouvaient discrètement prêcher leurs idéaux auprès de leurs cousins. Certains commencent à suivre leur foi. Ils allaient aussi avoir l’occasion d’influencer l’un des plus grands champions de l’Imperium, Horus Lupercale.
Le rôle de Lorgar dans l’Hérésie d’Horus
La chute du Maître de Guerre et la revanche contre les Ultramarines
Si Horus prêta son nom à la rébellion, en fait Lorgar en fut l’architecte intellectuel et spirituel. C’est lui qui, par ses émissaires, manipula le destin pour que le Maître de Guerre succombe à la corruption sur Davin. Erebus avait poussé ce dernier à affronter Eugen Temba qui portait une épée unique. Blessé par cette arme infectée par le Chaos, le Primarque de la XVIe Légion et actuel dirigeant de l’Imperium.
Condamné par ce poison, le Maître de Guerre avait été conduit sur Davin où Erebus conduit un rituel. Sous prétexte de le sauver, il l’avait mis en contact avec les 4 Dieux du Chaos. Ceux-ci montrent une vision au Maître de Guerre pour le tromper. Il entre en rébellion contre son Père et ils débutent ainsi l’Hérésie.
Lorgar et ses Word Bearers participent activement sur les fronts d’Istvaan aux côtés des autres Légions renégates. Mais il saisit aussi cette occasion pour se venger. Son chef-d’œuvre de cruauté et d’efficacité fut la Bataille de Calth. Sous le prétexte d’une manœuvre conjointe contre des Orks, il lança ses Word Bearers dans le massacre des Ultramarines en représailles pour Monarchia.
En plus de la vengeance, cette manœuvre a un but tactique. Les Word Bearers bloquent les Ultramarines dans cette partie de la Galaxie, permettant au Maître de Guerre et à l’essentiel de ses troupes de se diriger vers le Segmentum Solar et le Monde Trône… Lorgar n’arrivera jamais au Siège de Terra.
La trahison de Lorgar et sa défaite des mains d’Horus
En effet, alors que l’Hérésie progressait, Lorgar commençait à éprouver un mépris croissant pour Horus. Il voyait en lui un esclave des dieux du Chaos. Pour lui, le Maître de Guerre et les autres devenaient des pions. Des pions puissants, mais dénués de la vision spirituelle nécessaire pour diriger le nouvel âge qu’il voulait apporter à la Galaxie.
Cette arrogance mena Lorgar à une tentative de coup d’État au sein même des forces du Chaos. Cependant, lui et ses fils n’ont toujours été que les hérauts charismatiques de l’Imperium pendant la Grande Croisade. Beaucoup considèrent que Lorgar est l’un, sinon le plus faible des Primarques en prouesses martiales. Il ne représentait aucune menace pour Horus en combat singulier et le Maître de Guerre le balaie d’un coup de main. En conséquence, il se contente de déclarer son bannissement peu avant le Siège de Terra.
Déçu et isolé, l’Urizen se retire. Avec son départ, Perturabo demeure le dernier des Primarques renégats à garder un peu de bon sens avant l’assaut final. Le Primarque des Word Bearers laisse ses frères s’entre-déchirer en vain sous les murs du Palais Impérial.
Après la défaite d’Horus, les loyalistes survivants lancent la chasse aux traîtres à travers la Galaxie : la Purge. Les Légions du Chaos s’éparpillent à travers la Galaxie, la majorité trouve refuge au sein de l’Œil de la Terreur. Lorgar et ses fils en font partie. En récompense à sa dévotion au Chaos, les Dieux le transforment en Prince-Démon. L’Urizen s’isole ensuite dans le Templum Inficio au sein de son monde-cathédrale, Sicarus.
Lorgar et les Word Bearers au 41e Millénaire
Dix millénaires ont passé depuis l’Hérésie d’Horus. Lorgar Aurelian n’est plus l’homme de lumière de Colchis. Lui et Perturabo restent discrets par rapport à leurs 4 frères dévoués aux Dieux du Chaos. Ses dernières manifestations montrent toutefois une situation étrange et lourde d’implication.
Lorgar et ses Word Bearers se font attaquer par une ombre sortie de l’obscurité qui les déchiquette avec des serres. Un géant portant de grandes ailes noires de corbeau : il s’agit de Corvus Corax, Primarque de la XIXe Legiones Astartes, les Raven Guard transformé dans une forme monstrueuse. Corvus affirme garder son allégeance à l’Imperium, étant là pour venger ses fils morts par la traîtrise de Lorgar qu’il avait affronté sur Istvaan. Plus surprenant, Corvus affirme qu’il s’agit de sa vraie forme et que lui et ses frères viennent en fait du Warp. Une vérité que Lorgar connaît.
Avec la 11e édition, les fans espèrent avoir plus d’informations sur la suite de ce conflit ainsi que ses conséquences. Lorgar et ses fils n’ont d’ailleurs pas de gamme à leur nom, ce serait l’occasion de les ramener sous les projecteurs et à la table de jeu.


