Monster of the Week : un JDR PbtA pour des récits épisodiques

Monster of the Week est un JDR Propulsé par l’Apocalypse réputé pour son accessibilité, y compris parmi ces titres. En tant que porte d’entrée pour les débutants, en tant que système alternatif, voire en tant que moteur de parties en solo, il a fait ses preuves au panthéon des JDR.

Certains jeux de rôle ont fait figure de pionniers dans leur style de jeu. En dehors de Donjons & Dragons l’Appel de Cthulhu ou encore Vampire la Mascarade, on peut aussi compter Apocalypse World qui a lancé avec son système narratif, accessible, mais très varié la grande famille des PbtA.

Une origine dans un format scénaristique

Monster of the Week fait partie des figures de proue de cette dernière et l’un des JDR les plus anciens du genre. Imaginé par Michael Sands, il commence d’abord au format numérique chez Generique Games en 2012 avant qu’Evil Hat Games ne le publie sous format physique à partir de 2015. Evil Hat qui a aussi sorti d’autres PbtA par la suite, comme Thirsty Sword Lesbians.

La base de Monster of the Week est dans son nom. À l’origine, le monster of the week désigne un format de série, de dessin animé ou encore de bande dessinée où les protagonistes font face à une nouvelle menace à chaque épisode. Elles n’ont généralement aucun lien entre elles, bien que certaines histoires finissent par tisser une intrigue plus grande en toile de fond, avec un fil rouge à travers les épisodes.

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De X-Files à Supernatural, en passant par Buffy contre les Vampires, on est sur une interprétation littérale de ce format, avec littéralement un monstre à vaincre à chaque épisode. Le JDR Monster of the Week s’en inspire. Les joueurs y incarnent des Chasseurs de Monstres qui doivent faire face à des incursions du surnaturel dans la vie de tous les jours.

Le moteur du JDR Monster of the Week : originalité et fondations solides

Les Livrets des Chasseurs, des archétypes reconnaissables et mécaniquement adaptées

Structure de l’Apocalypse oblige, les PJ se créent à partir de Livrets. Plus que de refléter des classes par leur rôle dans le groupe, ils reflètent des archétypes de personnages qu’on croisait dans ce genre de récits. Ainsi, l’un d‘entre eux, similaire à Buffy, est l’Élu : un individu choisi par le destin pour sauver le monde et doué, par conséquent, de compétences hors normes.

Monster of the Week

Ceci se reflète dans ses Manœuvres, une liste d’actions et de bonus passifs uniques à chaque livret dans lequel le joueur va piocher pour personnaliser son avatar. Ils permettent de rejouer le genre de scènes qui démarquent ces archétypes à l’écran. L’Élu peut donc faire une entrée théâtrale qui, sur une réussite, fige toute l’assistance jusqu’à ce qu’il ait fini un « discours inaugural » et sur un échec attire l’intérêt des ennemis sur lui !

Notez que l’échec n’annule pas l’entrée classe du PJ, comme un MJ le ferait normalement dans DnD, par exemple. Bien au contraire : il renforce sa présence et crée un autre enjeu narratif sans gâcher la scène « cool » pour le personnage. Monster of the Week montre à travers ce genre de choix qu’il comprend comment traduire son matériau de base en mécanique de JDR.

Monster of the Week  et les fondations des JDR PbtA

Comme de nombreux PbtA, Monster of the Week tient compte de la relation entre les PJ. Ainsi, lors de la création des personnages, il invite chaque joueur à choisir une Histoire qui lie son PJ à chacun des chasseurs présents. Sans impact mécanique, ce choix sert à broder la narration et donne des balises quant au roleplay des interactions entre les personnages.

Mécaniquement, Monster of the Week ne réinvente pas aussi la base des JDR PbtA. Un jet de 2d6, le résultat est modifié par la Statistique pertinente, faire 6 ou moins est un échec, 7 à 9 une réussite avec une condition ou des limites, et 10 ou plus correspond à un succès sans équivoque. Les personnages ont cinq Statistiques dans Monster of the Week : Charme, Cool, Futé, Coriace et Bizarre. Généralement, elles vont de -2 à +2, mais ne dépassent pas -3 et +3. Les améliorations permettent aux joueurs de les monter au cours de la partie quand ils prennent du galon.

Pour « Prendre du Galon », les personnages doivent remplir une jauge en faisant des échecs. Monster of the Week invite ainsi les joueurs à embrasser les échecs et à oser des actions statistiquement défavorables. En prenant du galon cinq fois, le joueur débloque une nouvelle liste d’améliorations, dites avancées, plus puissantes dont la création d’un second PJ.

Les PbtA ont toutefois la réputation d’être des JDR trop limités, mais Monster of the Week évite ce problème. Par exemple, ses combats ne sont pas que des cinématiques glorifiées. En dehors de leur flavor, les armes ont des portées et des propriétés qui ont leur importance en fonction de l’adversaire auquel les Chasseurs font face.

Potentiel et accessibilité : deux forces de Monster of the Week

Le Gardien des Mystères, le Gardien pour faire court est le MJ. Il a aussi une panoplie d’outils pour s’amuser à créer et diriger les parties. S’il ne jette pas de dés pour les PNJ comme dans tout bon PbtA, les PNJ ont une liste de Manœuvres qui n’ont rien à envier aux Actions Légendaire ou Actions de Repaire de la 5e édition de DnD qui se déclenchent en réponse aux actions et surtout aux échecs des PJ.

Du fait de son âge et de son succès, Monster of the Week dispose aussi de nombreuses extensions. Elles introduisent de nouveaux livrets de Chasseurs, mais aussi des mécaniques additionnelles et posent les bases de scénarios prêts à jouer. D’autres introduisent carrément de nouveaux cadres de jeu comme Codex of Worlds.

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En dépit de ses inspirations urban fantasy, Monster of the Week est donc un JDR très souple. En effet, il peut se jouer dans d’autres cadres avec peu, voire pas de modifications spécifiques. The Witcher, par exemple, avec son monde de Med Fan peut aussi se jouer avec le système du jeu. Plus étonnant, la chaîne ITA – Imagine Ton Aventure l’a proposé pour jouer en solo dans la version Netflix de la Famille Addams, Wednesday.

La version française de Monster of the Week existe aux éditions Deadcrows. Cependant, comme elle date de 2018, elle est assez difficile à trouver en physique. L’éditeur offre des options numériques avec aussi quelques ouvrages  gratuits qui suffisent pour jouer : le Kit de Démarrage avec les règles de base, ainsi que les Livrets des Chasseurs et la fiche de référence du Gardien.         

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