Depuis sa diffusion le 19 mars 2026, l’adaptation de Steel Ball Run, septième partie de JoJo’s Bizarre Adventure a battu des records. David Production a fait honneur au travail d’Hirohiko Araki avec ses 47 minutes et introduit un nouveau public à ce chef d’œuvre.
Après notre premier tour d’horizon avec des systèmes de jeu, il était indispensable de plonger plus profondément dans les entrailles de SBR qui secoue actuellement le catalogue Netflix. Depuis le 19 mars 2026, l’adaptation de Steel Ball Run par David Production ne se contente pas d’aligner les records de visionnage, volant même temporairement la vedette à Frieren, avec son premier épisode de 47 minutes, elle introduit l’aventure bizarre pour toute une génération de fans.
Steel Ball Run : la partie qui changea JoJo’s Bizarre Adventure
Mais ce passage à la septième partie de la saga de Hirohiko Araki n’est pas qu’une simple mise à jour esthétique. En effet, Steel Ball Run marque une rupture épistémologique avec le reste de la saga JoJo’s Bizarre Adventure en déplaçant l’action dans une Amérique uchronique de 1890. Les Etats-Unis du XIXe deviennent un terrain de jeu où le western classique se fracasse contre un surnaturel bizarre.
Pourquoi Steel Ball Run est un tournant essentiel pour JJBA ? Parce qu’il change radicalement une continuité qui date des années 80. Bien que David Production n’ait adapté l’histoire en série animée qu’à partir de 2012, le manga d’origine est en fait bien plus ancien : les premiers chapitres sont sortis en 1986 dans le Weekly Shônen Jump !
La longévité de JoJo’s Bizarre Adventure s’explique par la capacité qu’a Araki à se réinventer. L’un des exploits qu’il est parvenu à faire est de changer de style graphique, de genre et de protagoniste au fil des années. Le fil rouge ne devient plus une personne, mais la famille Joestar, ainsi que certains concepts (les Stands) et le thème : une ode à l’humanité, explique Araki dans Manga in Theory and Practice: The Craft of Creating Manga.
Au moment où il arrive à Steel Ball Run en 2004, JoJo’s Bizzarre Adventure est à un tournant. Avec les parties précédentes, Araki semblait avoir exploré ce qu’il pouvait dans la limite du shônen. Stone Ocean avait déjà eu du mal avec son cast principalement féminin (raison pour laquelle Anasui a changé de genre, il paraît) et pour SBR, il voulait plus de liberté.
Entre continuité et nouveauté : faut-il voir les autres parties pour apprécier SBR ?
Pour faire simple, non, c’est un nouveau départ. Avec Steel Ball Run, JJBA franchit un nouveau pas et l’impact est aussi grand que celui de Stardust Crusader qui a introduit les Stands. La publication passe dans l’Ultra Jump et son rythme mensuel où il est encore à présent avec le nouveau chapitre de l’Act 2 de The Jojolands. Cette transition ouvre de nouvelles perspectives comme la possibilité d’explorer l’érotisme dans la huitième partie, JoJolion ou la sexualité avec Dragona dans The JoJolands.
L’univers de cette septième partie se présente donc comme un redémarrage complet de la continuité. Nous ne sommes plus dans la lignée directe des Joestar qui étaient à l’honneur jusque-là, mais dans une réalité alternative. Un fait qui a de l’importance et permet aux nouveaux venus d’apprécier directement l’œuvre sans revenir sur les anciennes parties (ce que je recommande tout de même !) et aux vétérans d’apprécier les clins d’œil (la voix d’Avdul dans la SBR).
Steel Ball Run et les nouveautés qu’il apporte à JoJo’s Bizarre Adventure
La course et ses participants
Les enjeux sont portés par une course hippique transcontinentale de 6 400 kilomètres reliant San Diego à New York. Cette épreuve c’est l’éponyme Steel Ball Run et elle n’est pas qu’un simple cadre sportif, car elle rassemble 3 852 participants aux motivations hétéroclites, attirés par un prix de 50 millions de dollars.
Chaque segment de la course traverse des biomes radicalement différents. Les concurrents parcourent des environnements aussi divers allant des déserts arides de l’Arizona aux plaines enneigées du Midwest, imposant une gestion rigoureuse de la survie, de la fatigue des montures et de la logistique. Le tout troublé par les autres candidats, légalement armés par le 2nd Amendement.
Au cœur de cette épopée se trouve le duo de Johnny Joestar et Gyro Zeppeli. Ils ne sont pas seulement un moyen pour Araki de revisiter la relation maître-élève de Jonathan et Zeppeli de Phantom Blood, mais ils donnent aussi un sentiment de familiarité. On reste dans JJBA, malgré le changement de monde.
Johnny Joestar est un ancien jockey de génie devenu paraplégique à la suite d’une fusillade. Il incarne parfaitement le glissement de la série vers le Seinen. Il est presque l’antithèse de Jonathan : sombre, souvent égoïste, à la recherche d’une rédemption physique et de sa gloire passée. En dehors de Giorno, il est le protagoniste le plus meurtrier avec une claire intention de tuer.
Sa rencontre avec Gyro, un mystérieux cavalier venu du royaume de Naples, va tout changer. Gyro utilise des sphères d’acier et un art ancestral : le Spin. Ses motivations sont claires, il est là pour gagner les 50 millions de dollars…Mais pourquoi ? Gyro sert à la fois d’ami et de mentor à Johnny, mais apprend aussi de lui.
Le Spin et les Stands : cœur des combats de SBR
Le Spin est le concept inédit que Steel Ball Run introduit dans JoJo’s Bizarre Adventure. Une discipline fondée sur la géométrie sacrée et l’observation de la nature. Elle repose sur la recherche du rectangle d’or, une forme dont les proportions permettent de puiser dans une énergie cinétique virtuellement infinie.
C’est un processus d’alignement avec l’environnement. Un maître du Spin doit être capable de repérer la suite de Fibonacci dans les nervures d’une feuille ou dans le mouvement d’un nuage pour optimiser son lancer. Son plus grand secret nécessite un cavalier d’exception, ce que Gyro n’est pas.
Steel Ball Run ramène aussi les Stands, indissociables de JoJo’s Bizarre Adventure. Le premier à apparaître est Hey Ya ! qu’on a déjà entendu dans le premier épisode de l’adaptation.
Les Stands, manifestations spirituelles désormais indissociables de la franchise, prennent ici une forme beaucoup plus conceptuelle et utilitaire. Ils ne sont plus seulement des entités de combat autonomes, mais souvent des capacités liées à des objets physiques ou à des phénomènes naturels.
Steel Ball Run change ainsi la dynamique utilisateur/Stand. Les pouvoirs dans cette septième partie s’éloignent des « punching ghosts » d’avant pour que les humains aient à prendre part au conflit. Le duel Gyro et Ringo Roadagain en est la meilleure illustration et dans le top des combats de SBR, sinon de JJBA toutes les parties confondues aux côtés de Diavolo VS Risotto.
Des antagonistes et des adjuvants aussi gris que les héros
Mais la Steel Ball Run cache une ambition bien plus sombre qu’une simple compétition équestre. Derrière l’organisation de Steven Steel se profile un thriller politique ainsi qu’une quête religieuse et fantastique pur transforme la traversée de l’Amérique en une chasse aux trésors mortelle. Les personnages secondaires sont à la mesure des protagonistes et malgré le format « Monster of the Week », certains sont mémorables.
Dans les rangs des personnages les plus intéressants, on compte notamment l’antagoniste principal. Le destin a voulu que ses motivations soient vraiment d’actualité, au vu de la situation avec le président des Etats-Unis. En attendant de le découvrir, lui, Ringo Roadagain, Weakapipo ou encore Hot Pants, le premier épisode a déjà présenté Diego Brando et Sand Man.
Une production de la passion de David Production
Steel Ball Run n’est pas seulement le meilleur arc de JoJo’s Bizarre Adventure pour beaucoup de fans, c’est aussi une réinvention, le moment où la série arrive à maturité. Le passage au format Seinen permet d’aborder des thématiques plus sombres sans pour autant sacrifier le spectaculaire et, pour le manga, mettait en avant les paysages.
La diffusion sur Netflix est l’étincelle qui manquait pour propulser ce Western Bizarre sous les projecteurs. David Production a d’ailleurs fait monter l’anticipation des fans en révélant que les comédiens de doublage lisent ou ont lu Steel Ball Run, facilitant grandement leur direction. La performance de Farouz Ai avec Jolyne l’a aussi démontré dans Stone Ocean.
Ils ont aussi fait mention de Red Dead Redemption dans leur inspiration pour le passage du format papier au format animé. Ces jeux de Rockstar Games sont une référence pour les westerns modernes.
Il n’est donc pas étonnant que le premier épisode ait autant hypé la communauté qui a multiplié les memes et les références autour de celui-ci. Les fans attendent la sortie du deuxième épisode. Netflix n’a pas confirmé de date, ni de rythme régulier de sortie. On n’a pas encore de confirmation quant à la chanson choisie avec Araki pour servir d’ending à la série.
Les rumeurs et les leaks annonçaient le jeudi 26 mars 2026 pour la diffusion du deuxième épisode avec un format hebdomadaire. Rumeur que Netflix a depuis démenti, mais sans annonce quant à la vraie date de diffusion. En attendant, il est temps de seller vos chevaux, de réviser votre géométrie et de vous lancer dans la course la plus dingue de l’histoire du JDR.

