La gamme de RPG Coriolis de Free League transporte les joueurs à travers les profondeurs de l’espace. Fortement inspiré par le Moyen-Orient, que ce soit par le bac à sable de Third Horizon ou plus récemment par les missions de The Great Dark, il apporte un dépaysement au genre du Space Opera.
En dehors de la fantasy à la Tolkien, d’autres univers ont largement inspiré les créateurs de jeu de rôle. La science-fiction, notamment l’espace a ainsi ses représentants, depuis le grand classique de Traveller à la lettre d’amour à Alien, Mothership, l’espace est aussi ouvert aux rôlistes.
Coriolis de la niche de Järnringen (2008) à The Great Dark (2026)
Du côté de Free League, la boîte suédoise derrière des RPG comme The One Ring, Vaesen ou encore Alien, on a aussi Coriolis. Coriolis est un jeu de rôle qui prend place dans un futur lointain. L’Homme a réussi la grande conquête de la Dernière Frontière et à coloniser les étoiles, mais il reste encore beaucoup à explorer et de nouveaux dangers menacent l’Humanité dans les recoins sombres de l’espace.
Les années Järnringen et Paradox, un trésor caché
Bien que Free League ait popularisé le jeu à l’international, Coriolis date de presque deux décennies. En effet, les bases de la gamme datent de 2008 dans une version uniquement en suédois par Järnringen. Il s’agissait alors d’une création de Mattias Johnsson Haake, Mattias Lilja et Martin Grip.
Coriolis connaît le succès auprès du public suédois, un public niche, mais qui a sa propre culture du RPG. Avec son système de pourcentage basé sur des compétences et son univers combinant la SF Space Opera avec l’Arabie fantastique des Milles et Une Nuits, le jeu fonctionne.
Mais le marché du jeu de rôle n’était pas dans l’âge d’or que nous connaissons actuellement. En conséquence, en dépit de son succès, Coriolis s’arrête au bout de trois ouvrages tandis que Järnringen doit fermer temporairement ses portes. La licence de l’univers passe auprès d’un autre éditeur : Paradox Interactive.
Paradox Interactive est un nom qui devrait parler plus aux gamers qu’aux rôlistes. Il s’agit de l’éditeur derrière des jeux de stratégie comme Crusader Kings, Victoria ou encore Stellaris pour rester dans les étoiles. Coriolis n’est pas la seule acquisition du monde des RPG que Paradox prend sous sa coupe, ils détiennent aussi les droits pour le Monde des Ténèbres qu’ils continuent de publier à ce jour.
Mais contrairement au bébé de White Wolf, Paradox ne ramène pas l’univers de Coriolis sur le marché. C’est alors que Free League entre en scène. Nous sommes alors en 2016 et l’éditeur récupère les droits auprès de Paradox afin de relancer la gamme, d’autant plus que ses créateurs originaux font désormais partie de l’équipe de Free League.
Coriolis : The Third Horizon, l’explosion dans le monde du RPG sous Free League
En conséquence, ils créent un nouveau RPG, Coriolis : The Third Horizon, en 2017. La plus grande différence réside dans le système de jeu. Suivant la grande tradition de l’éditeur, cette édition abandonne son système original pour adopter le moteur maison de Free League, le Year Zero Engine popularisé par Mutant Year Zero.
La version du système RPG Year Zero de Coriolis : Third Horizon
On reste dans le grand classique du système Year Zero. Les PJ, disposés en classes, possèdent quatre attributs : la vigueur, l’agilité, l’astuce et l’empathie et 16 compétences. Tous ont une valeur allant de 1 à 5.
Lorsque la situation l’exige, le joueur fait la somme d’un attribut et d’une compétence pertinents. Cette somme donne le nombre de d6 à lancer et il faut obtenir des 6 pour obtenir des succès. Pour réussir son action, le joueur doit obtenir au moins un succès, en avoir trois donne un succès critique.
Dans le monde du RPG Coriolis : Third Horizon, les humains prient ce qu’ils appellent les Icônes. Sur le plan des mécaniques, ceci se traduit par la capacité à relancer les dés de son choix. Un joueur peut le faire une fois par test en échange d’octroyer un point d’Ombre au MJ, un point qu’il peut utiliser pour causer des complications aux PJ.
Le moteur de résolution ne constitue qu’une partie du système qui est beaucoup plus profond. Pour marquer les différences entre les PJ, ceux-ci disposent aussi de dons. Les dons prennent la forme de bonus spécifiques qui peuvent influencer le gameplay et qui s’achètent ou s’améliorent grâce à l’expérience acquise au fur et à mesure de la campagne.
Les Mille et Une Nuits dans l’espace
Dans Troisième Horizon, l’inspiration moyen-orientale est d’abord esthétique, mais pas que. Les joueurs explorent des stations-bazaars embrumées d’encens et des vaisseaux spatiaux sculptés comme des minarets où les occupants portent des thawb colorés. L’inspiration culturelle se ressent aussi à travers le culte des Icônes, des figures divines qui imposent un quotidien rythmé par le fatalisme, les rituels et les lois sacrées de l’hospitalité.
Sur le plan politique, l’influence de l’Arabie sur le RPG Coriolis prend la forme de la guerre froide idéologique opposant les Premiers-Venus, fiers héritiers traditionalistes attachés à leurs coutumes ancestrales, aux Zénithiens, des impérialistes fraîchement débarqués dont la poussée technologique évoque le colonialisme.
Un monde à découvrir et à explorer librement
Coriolis : Third Horizon est un RPG bac à sable. Comme dans Traveller, les joueurs incarnent des professionnels qui sont (presque) libres d’explorer l’univers comme ils le sentent et d’accepter les aventures de leur choix à bord d’un vaisseau de leur création. La gestion de de l’appareil et du voyage spatial est l’un des aspects les plus simulationnistes du jeu avec des dangers explicites quant aux sauts spatiaux non-maîtrisés.
Ce vaisseau n’est pas gratuit. Lorsque les joueurs commencent la partie, ils doivent encore finir de payer leur appareil. Ils ont donc une raison de se lancer dans des missions… Ou de se décider à fuir leurs créanciers. Un choix dangereux et qui ne manquera pas d’avoir des conséquences.
Son application intelligente du système Year Zero et son univers vivant ont permis à Coriolis de se démarquer dans le paysage des RPG. Ainsi, en 2017, il a gagné une reconnaissance par le jury lors des Ennies. Une version française a aussi suivi, chez l’éditeur Aka Games, qui publie aussi la VF de Symbaroum, un autre titre de Järnringen.
Après quelques années passées sur le développement de la gamme, Free League décide d’agrandir l’univers de Coriolis. D’autant plus qu’en 2020, ils parviennent à racheter complètement Coriolis à Paradox Interactive, leur donnant l’opportunité de développer encore plus librement celle-ci.
Durant cette période, la première moitié de la décennie 2020, le RPG Coriolis a droit à une gigantesque campagne qui explique l’univers de Third Horizon. On l’appelle la trilogie des Icônes et elle comprend une campagne en trois parties : Emissary Lost, The Last Cyclade, Wake of the Icons.
The Great Dark, la grande évolution de Coriolis
Pour l’avenir du jeu, Free League voit plus loin qu’une simple nouvelle édition qui va revoir partiellement le système de jeu. Ainsi, en août 2025, ils reviennent sur Kickstarter pour foulancer la nouvelle version : The Great Dark. C’est un succès auprès des joueurs qui apprécient la nouvelle direction.
Plus qu’une nouvelle édition, une suite
Coriolis : The Great Dark joue dans la cour des RPG Cyberpunk. Plutôt que de reprendre exactement l’univers, il choisit la voie de la suite narrative autonome en faisant avancer la chronologie de 200 ans.
D’une part, il en résulte un bouleversement de l’univers. Si Third Horizon présente un monde où l’expansion spatiale est en marche avec les frictions entre deux générations de colons, The Great Dark est nettement moins joyeux. Le reste de l’Humanité dans cette zone de l’univers n’a plus accès aux portails pour le voyage FTL et vit entassé sur un astéroïde : Ship City.
Les joueurs n’explorent plus un grand bac à sable où ils sont des aventuriers qui cherchent à se faire un nom librement. Ils sont maintenant des serviteurs des guildes qui sont les seuls à avoir les moyens de lancer des expéditions à travers des ruines dangereuses. Le bac à sable cède la place à l’exploration et à la survie.
Coriolis, d’un RPG d’exploration à un RPG de survie
D’autre part, ce changement de paradigme se ressent aussi dans le système de jeu. Coriolis : The Great Dark continue de tourner sous le système Year Zero de Free League, mais la foi dans les Icônes pour les relances cède sa place à l’Espoir. L’Espoir est une ressource à la disposition des joueurs et qu’ils doivent gérer intelligemment sous peine de tomber dans le désespoir.
Le contrôle intelligent des ressources est aussi présent dans le cœur de RPG de survie de Coriolis : The Great Dark. Les joueurs doivent aussi être prudents dans la consommation de nourriture, de matériel ou encore d’oxygène. On est donc loin de la recherche de gloire de son prédécesseur.
Coriolis en 2026, les Ennies et une nouvelle VF
À l’instar de ce dernier, The Great Dark arrive aussi aux Ennies, cette fois les Ennies de 2026. Il n’est pas qu’une sélection du jury, étant l’un des grands favoris aux côtés de titans du jeu de rôle actuel comme Daggerheart ou encore Legend in the Mist.
Il doit aussi arriver dans les boutiques françaises à l’avenir. Un grand changement est à prévoir toutefois, pour le plus grand bonheur des rôlistes de l’Hexagone. En effet, si Aka Games a pris la traduction de la gamme originale Third Horizon, le foulancement a connu des problèmes. D’ailleurs Aka Games n’a jamais complété la trilogie de la campagne des icônes.
La VF de Coriolis : The Great Dark viendra de d’Arkhane Asylum, l’éditeur de RPG comme Shadowdark, Cyberpunk RED, Mothership et bien d’autres titres. Certains viennent d’ailleurs déjà du catalogue original de Free League comme l’adaptation en JDR d’Alien. Le travail de traduction est en cours, mais Arkhane Asylum Publishing n’a pas encore donné de calendrier quant à la sortie du jeu.




