Le RPG indépendant Panic at the Dojo est une expérience unique pour les férus de bastons au tour par tour. Via son système très approfondi de customisation, il permet aux rôlistes de mettre en place leurs styles de combats inédits pour des combats dynamiques, cinématiques et tactiques.
La philosophie derrière la création d’un jeu de rôle lui donne de la personnalité dans l’océan des JDR similaires. C’est ainsi que Shadowdark parvient à se démarquer d’autres titres OSR ou encore que des dizaines de jeux Propulsés par l’Apocalypse ou Forgés dans les Ténèbres coexistent. Et parfois, on trouve des jeux qui sortent des chantiers traditionnels.
Quel genre de RPG est Panic at the Dojo ?
Panic at the Dojo est un RPG de ce genre. L’idée de son créateur, Vel Mini, est de proposer un jeu de rôle au combat tactique, mais si le dessin animé Jackie Chan Adventures était aussi un documentaire. Il peut aussi s’inspirer des séries animées Avatar, de Shaolin Soccer, de Fullmetal Alchemist et de plein d’autres : le point commun est la diversité des protagonistes.
En effet, Panic at the Dojo peut se jouer dans n’importe quel univers. L’auteur prend l’exemple d’un monde moderne absurde où tous les litiges peuvent se régler par la baston – raison pour laquelle nous avons recommandé ce jeu parmi les meilleures interprétations de Baki en JDR – ses testeurs l’ont utilisé pour du mécha. Les joueurs incarnent des Héros dans ce monde.
Un Héros dans le RPG de Panic at the Dojo est un Personnage-Joueur. C’est un combattant aguerri selon les standards de son univers. Un ninja confirmé dans Basilisk ou Naruto, un pilote expérimenté et sa machine dans Gundam et j’en passe. Il est là pour se battre, pour ses buts, ses convictions, ses intérêts, pour son plaisir….
Le cœur de Panic at the Dojo : le combat, les Héros et ce qu’il y a autour
Un moteur au pilier unique, la baston
Panic at the Dojo ne respecte pas l’équilibre entre les trois piliers des RPG que sont l’exploration, le social et le combat. À l’instar de, voire encore plus que, Draw Steel, il met de côté les deux premiers afin de se concentrer sur le troisième. Ce choix permet à Vel Mini d’en faire un système très riche qui ne fait qu’une chose, mais qui le fait absolument bien.
Structurellement, le RPG Panic at the Dojo prend la forme d’une succession de combats tactiques, intercalés de décisions et de RP. Ces conflits s’enchaînent jusqu’à ce que les protagonistes n’aient plus de raison de combattre ou que la session prenne fin.
Mécaniquement, son créateur comprend qu’il est assez compliqué à gérer. Puisque Panic at the Dojo abandonne en partie l’utilisation des dés, il ne peut pas fonctionner avec la même simplicité qu’un jeu OSR, par exemple.
Comme d’autres RPG qui se libèrent ou limitent la place du hasard, disons Gumshoe ou encore Hunt, Panic at the Dojo repose sur le contrôle de ressources. Le moteur du JDR compte les Action Dices et les Tokens.
Ils varient d’un personnage à l’autre et représentent son style de combat. Vel Mini recommande donc aux joueurs et au Directeur (le MJ) de prévoir des dés de différentes tailles et couleurs ainsi que des jetons variés issus d’un set de poker, par exemple. Le créateur de personnage sur Github compte 9 types de Tokens ou Jetons qui ont chacun une utilisation différente.
Comment créer un Héros dans Panic at the Dojo ?
Le système de codage couleur du livret de règles met en avant les fondations des PJ et comment les jouer dans son système de combat tactique. Ces règles occupent près d’un tiers du PDF. Pour les résumer, un Héros se base sur ses Character Options. Ils viennent d’abord de son choix d’Archetype.
L’Archetype est noté par une complexité allant de 1 à 3 étoiles, il résume la manière dont le Héros se joue. Ils expliquent, par exemple, lesquels sont destinés à prendre des dégâts, lesquels sont surtout offensifs, ainsi que les principaux Jetons qu’ils emploient. L’Archetype détermine les Styles auxquels les PJ ont accès et chacun a un choix de trois Builds.
Les Héros se divisent aussi en trois Types : Focused, Fused et Frantic. Ils permettent de combiner jusqu’à trois Archetypes dont ils peuvent choisir le style. En échange de ne pas avoir la versatilité qu’offre la pluralité des Archetype, le Héros Focused a l’accès à une puissante aptitude inédite.
Les Styles dans le RPG Panic at the Dojo font partie de ce qui démarque la manière dont un PJ combat, ils décrivent la manière dont un Archétype se bat. Chaque Archetype en a trois. L’Archetype Ange a ainsi accès à un Style Ailé : il représente la capacité du Héros à voler, lui offrant des avantages : l’immunité à la chute, la capacité de se déplacer à la fin de chaque tour et une action unique pour se déplacer de 3 à 4 cases.
Le Style est la moitié d’une Stance qu’on peut traduire par la Posture. L’autre moitié est la Form : elle détermine non seulement quels sont les Dés d’Action dont dispose le PJ, mais modifie le Style associé en plus de lui fournir des Actions uniques. Les Héros peuvent changer de Stance durant les combats afin d’avoir accès à une autre combinaison de Style et de Form. Le jeu invite les rôlistes à donner des noms uniques et épiques à toutes ces combinaisons pour se les approprier.
Un Skill unique à la Forme complète les fiches de PJ. Il fournit un capacité narrative unique au Héros. Son effet n’est disponible qu’en dehors des combats, mais il permet diriger la narration dans une direction précise. Durant les conflits, le joueur a le droit de les utiliser à titre de flavor.
Panic at the Dojo, un RPG au plateau ludique et dynamique
En raison du fonctionnement de son combat tactique, Panic at the Dojo est un RPG qui nécessite obligatoirement un plateau quadrillé. En général, il devrait faire de 10×10 cases à 20×20 cases. Le terrain peut avoir différentes formes, comme un carré, un rectangle, un T ou un L et comporter des obstacles : le vide peut causer un ring-out, les murs sont destructibles ou offrent des couvertures. Le décor est fait pour servir les Héros.
Le plateau n’est pas la seule variable qui permet de rendre un combat dynamique. L’enjeu permet de déterminer la durée et la complexité du combat. Il détermine combien de PV dispose les personnages par barre de vie et donc de la durée du conflit. Ainsi, les combats dont les enjeux sont les plus élevés permettent aussi aux participants des deux côtés de l’écran de choisir des avantages et des faiblesses dans une liste.
Le système d’initiative de Panic at the Dojo est aussi différent de ce qu’on trouve dans un RPG classique. Il permet de simuler l’équilibrage qu’on trouve dans un jeu comme Marvel VS Capcom ou Dragon Ball Fighter Z : chaque côté du conflit possède le même nombre de barre de vie et de passage dans l’ordre des initiatives. En résumé, un personnage seul contre deux aura deux fois plus d’actions et deux fois plus de PV. Gérer ainsi l’économie des actions permet d’éviter le problème de titres comme D&D où avoir l’avantage numérique devient un avantage décisif.
Les forces, les faiblesses et le futur de Panic at the Dojo
La plus grande force de Panic at the Dojo c’est sa flexibilité. Il permet de jouer n’importe quel personnage, aussi bien issu de la fiction que de l’imagination des joueurs, à condition de se laisser à l’interprétation. Ainsi, le Style Winged permet de voler, mais n’implique pas forcément les ailes qu’on imagine avec le nom « Ange » de l’Archetype. Des exemples présents dans la communauté présentent des personnages de Guilty Gear.
Comme Panic at the Dojo ne se focalise que sur le combat, il est aussi très clair sur l’expérience qu’il veut fournir. Les joueurs viennent pour frapper de l’ennemis, ils n’ont pas vraiment à se soucier des conséquences politiques ou encore de la différence de puissance entre eux et un PNJ. Avec son système original, Panic at the Dojo permet de sortir de la routine, raison pour laquelle un de mes amis le prépare d’ailleurs actuellement.
En revanche, comme tous les RPG qui sortent des sentiers simples et battus, Panic at the Dojo demande un temps d’adaptation de la part des participants. D’ailleurs, la nécessité d’une économie de ressources diverses rend aussi la gestion un peu plus compliquée : chaque tour, PJ et MJ doivent savoir quand ils gagnent des ressources, quand il les dépenses et aussi quels effets s’appliquent.
Sa communauté est aussi très restreinte, mais elle est active sur le Discord officiel. C’est aussi le lieu idéal afin de suivre les mises-à-jour concernant la deuxième édition de Panic at the Dojo. Il s’agit d’une version améliorée qui garde ce qui fait le charme du jeu, mais qui revoit ses faiblesses. La Béta de la V2 vient gratuitement avec le livre de la V1 sur itch.io.

