Deathbringer, le JDR dark fantasy avec une touche d’héroïsme passe sous le système de Shadowdark RPG. Un anti-DnD moderne sur beaucoup de points et bâti sur les bases solides, le projet de Professor DM est le jeu de rôle le plus attendu de 2026.
Dans le paysage des JDR, l’annonce d’un projet de JDR par les créateurs de la plateforme YouTube cause toujours des vagues. 2026 n’est pas différent : Deathbringer de Professor DM, l’homme derrière la chaîne Dungeon Craft, attire l’attention de la communauté, notamment celle des joueurs old-school.
Professor Dungeon Master : porte-parole du paysage OSR
L’idée n’est pas nouvelle, mais elle a connu une évolution après la sortie du jeu de Kelsey Dionne. Ainsi, au début de l’été de l’année 2025, Professor DM avait annoncé que son projet Deathbringer passait sous le système de Shadowdark RPG tout en restant un jeu indépendant. Une utilisation possible grâce à la licence libre du jeu qui autorise librement l’emploi et la modification de son moteur.
Professor Dungeon Master ou Professor DM n’est pas un inconnu dans le paysage anglophone des JDR. Il est un vieux de la vieille et, sur sa chaîne Dungeon Craft, il partage sa passion du hobby depuis des années : construction de donjons, conseils aux meneurs, retour critiques sur les modules… Ses préférences y sont d’ailleurs très explicites.
Ainsi, le professeur préfère clairement les jeux à l’ancienne au DnD moderne. Dans son classement personnel, les nouvelles éditions sont largement inférieures aux premières. Il favorise notamment la version de Moldvay, DnD B/X, le papa du système OSE. Son problème n’est pas dans la modernité ou le wokisme, mais dans les mécaniques et l’expérience.
Il critique donc surtout des héritages du passage au style « jeu vidéo » / « MMO » après la 3e édition. Ce sont des points comme la surabondance de règles, la prévalence des combats qui contraste pourtant avec l’absence de risques pour les PJ ou encore la simplification de l’exploration des donjons. Il a ainsi tenté d’offrir une première solution à travers Deathbringer, avant même la sortie de Shadowdark RPG.
Deathbringer avant et après Shadowdark RPG
La brochure Deathbringer, prélude au jeu
En 2022, il a donc mis en ligne la première itération de Deathbringer, nommé d’après la mascotte de sa chaîne. Il s’agit d’un petit document en 2 pages de règles alternatives pour la 5e édition de Donjons & Dragons qui rend le tout compatible avec le contenu old-school, aussi bien les règles que l’esprit.
En résumé, cet ensemble de règles tranche dans le gras de la 5e édition en réduisant largement le crunch et en rendant le tout plus létal. Entre autres, comme dans Shadowdark RPG, personne ne voit dans le noir et il abandonne totalement les nouvelles compétences et les dons pour les dés Deathbringer. Cette ressource égale au niveau du PJ se dépense pour augmenter les résultats des jets, causer plus de dégâts ou réduire ceux qu’on reçoit de 1d6.
Le flavor était aussi différent. On passait de la fantasy moderne combinant Tolkien, Disney et les animes à du med-fan pulp et brutal, plus ancré dans Conan le Barbare ou Solomon Kane. Les classes, au nombre de cinq, inclut le Deathbringer comme équivalent des classes guerrières, ou encore le Plague Doctor en guise de clerc. Les divinités et la magie sont aussi peu présentes.
Les retours sur cette première version étaient largement positifs. Il a atteint son objectif de proposer une conversion de DnD 5e vers l’OSR, mais de manière assez limitée : ceux qui l’ont testé disaient qu’il fonctionnait mieux pour un one-shot. Sur le long terme, notamment pour une campagne, il n’offrait pas assez de contenu. Professor DM a donc commencé à travailler sur une version plus complète…puis est venu Shadowdark RPG.
Shadowdark, le JDR idéal selon Professor DM
En 2024, Kelsey Dionne a sorti son jeu Shadowdark RPG : une version OSR-isé de la 5e édition de Donjons & Dragons. Le succès était tout de suite au rendez-vous entre des ventes éclairs et presque toutes les Ennies d’Or de cette année dans son sac, mais surtout la reconnaissance de la communauté. Professor DM est l’un de ceux qui ont le plus applaudi Kelsey et son jeu.
Ainsi, il a comparé Kelsey Dionne à « une réincarnation de Gary Gygax ». Pas littéralement, mais spirituellement, d’autant plus qu’elle l’a rencontré de son enfance et c’est lui qui l’a poussé à s’asseoir derrière l’écran du meneur. Mais surtout, Shadowdark RPG est déjà l’idéal que le Professeur voulait faire avec la nouvelle version de Deathbringer.
En conséquence, il a changé son approche. Dans une annonce datée de juillet 2025, il a confirmé que Deathbringer passait sous SD. Non pas qu’il en ferait une extension de Shadowdark, mais qu’il allait rester un jeu indépendant, tournant sous le moteur d20 de ce dernier et avec la même philosophie. La vraie richesse viendra donc de la touche personnelle de Professor DM construite sur cette base solide.
La version Shadowdark RPG de Deathbringer : plus riche, tout aussi brutal
Cette nouvelle itération de Deathbringer sous Shadowdark RPG n’est pas juste une reprise des la brochure de 2022. Il en conserve l’esprit, proposant aux joueurs une expérience brutale dans un monde de dark fantasy inédite, mais où l’héroïsme se mérite. Ainsi, pour être des protagonistes, les PJ devront s’en montrer digne et chaque montée de niveau se mérite.
En revanche, de nombreuses mécaniques viennent enrichir la base Shadowdark pour parvenir à cette expérience. Depuis son annonce, Professor DM a pris le temps d’avancer quelques éléments inédits de ce système et parmi toutes ses explications, le nouveau rapport à la mort illustre le paradigme du système de jeu.
Dans Deathbringer, la mort est différente de Shadowdark et des autres RPG old-school. Le jeu demeure extrêmement létal pour les PJ, en revanche, le moteur l’inclut dans le développement naturel des PJ. En quelque sorte, la mort est récompensée, ou du moins, elle n’est pas punie.
Chaque PJ a trois vies et chaque fois qu’il doit mourir (0 PV, pas de Death Saves), il gagne un talent prestigieux. La dernière vie ne se consume qu’à la fin du combat pour donner une mort héroïque digne d’un héros à l’aventurier.
Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Deathbringer, c’est aussi des jets de sorts qui peuvent mal tourner, des coups critiques avec de réels impacts, pas d’altération d’état qui se résume à perdre son tour… Le jeu sera brutal, dynamique et accessible, un best-of des décennies d’expérience de son auteur. Il sortira cette année 2026, mais en attendant, la newsletter est ouverte sur le site officiel du jeu.


