Deathbringer, un JDR « sauvage, baigné de sang et impitoyable ».

Avec le JDR Deathbringer, les rôlistes replongent dans l’esthétique pulp et la brutalité des jeux de rôle old-school. Professor DM présente sa version de Donjons & Dragons avec une touche d’OSR, le tout tournant sous le moteur de Shadowdark pour une expérience forgée dans l’acier et le feu.

Avec chaque nouvelle édition, Donjons & Dragons apporte des changements. La communauté n’est pas toujours ouverte à ces évolutions et la 5e édition, en dépit de son succès comme LE jeu le plus populaire depuis une décennie ne fait pas exception. Des créateurs créent donc leur version du JDR de fantasy.

Une réponse aux tendances modernes du JDR

C’est le cas de Professor Dungeon Master ou Professor DM, aussi connu pour sa chaîne YouTube Dungeon Craft. Sans montrer d’antagonisme envers leurs fans, il ressent toutefois une distance avec les nouvelles éditions de D&D. Après la troisième et le passage sous Wizards of the Coast et Hasbro, Donjons & Dragons a gagné en complexité dans un premier temps et s’est de plus en plus tourné vers un style grand public et inclusif afin de toucher le plus grand nombre dans un second.

Sa réponse à cette tendance s’appelle Deathbringer, un JDR dont il parle depuis plusieurs années. Cette année 2026, Professor DM lance la campagne Backerkit de Deathbringer, présentant enfin son projet à la communauté des rôlistes. Elle est éditée par Roll for Combat (Battlezoo). Une campagne qu’attendaient les rôlistes puisque Deathbringer a gagné le titre de jeu le plus anticipé de 2026, du moins sur EN World.     

Créé avec Brandom Gillam, auteur de Crown & Skull, Deathbringer se présente comme l’essentiel de la Dark Fantasy et des racines du hobby. En résumé, le jeu est « sauvage, baigné de sang et impitoyable ». Il offre donc un titre brutal où les faibles n’ont pas leur place. Les PJ doivent se montrer dignes de leurs succès et prendre les bonnes décisions.

Le moteur JDR de Deathbringer, simple, cinématique et létal

Un jeu propulsé par Shadowdark

La mécanique revient à la simplicité. De son propre aveu, Professor DM a grandement emprunté le d20 de Shadowdark. Le JDR de Kelsey Dionne, grand champion des Ennies en 2024, est ce qu’il considère comme le jeu qu’il aurait voulu faire. Pour autant, Deathbringer reste indépendant et compatible avec tout contenu fait pour les JDR de la mouvance OSR.

Le combat reflète l’essentiel de la philosophie de Deathbringer. Son créateur parle souvent des conflits dans la 5e édition et des imperfections qui l’empêche de l’apprécier. Le combat est pourtant son pilier favori dans le jeu de rôle, mais il ressent énormément de friction dans les dernières versions en raison des règles. Elles s’avèrent trop lourdes et pas assez cinématiques.

C’est ce constat qui a motivé la création de Deathbringer.

La philosophie des combats dans Deathbringer 

Deathbringer règle ceci à travers des conflits brefs et létaux. La simplicité de la base d20 est enrichi par les Death Dice, une mécanique de d6 qui vient rendre le tout stratégique. Elle efface les frontières entre les classes en permettant à tout le monde de réaliser des actions épiques. Chaque joueur commence la session avec 3 de ces Death Dice et ils ne passent pas d’une session à l’autre. Le but est de pousser les joueurs à les utiliser.

Le déplacement dans Deathbringer abandonne cependant les racines wargames du JDR. La solution de Professor DM prend la forme de disques de 18 pouces remplaçant les terrains. Elle divise le champ de bataille en trois zones en fonction de la distance avec le centre de l’action : Proche, Près et Loin. Elles permettent d’utiliser terrains et minis sans alourdir le système en plus d’être faciles à transporter.

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La fin des PJ, la mort ou la corruption

La mort rôde autour des PJ. Elle est faite pour faire partie du gameplay en permettant aux aventuriers de périr dans une fin glorieuse. Tomber à 0 PV les deux premières fois marquent le PJ. Ils s’en sortent mutilés, mais plus forts avec un nouveau Talent de prestige à chaque fois. La troisième fois, ils font une sortie glorieuse avec une ultime action : un coup critique automatique avant de succomber.

Perdre des PV n’est pas la seule manière pour les PJ de périr. La Corruption est omniprésente dans le monde de Deathbringer et son influence sur les aventuriers grandit. Si elle atteint le seuil maximal de 10, le joueur perd le contrôle de son aventurier qui devient un monstre entre les mains du MJ. Seul l’héroïsme permet aux PJ de réduire la corruption.

L’univers de Deathbringer, un JDR dark fantasy pulp

Les joueurs dans le JDR Deathbringer ont le choix entre huit classes uniques ou de reprendre les classes de Shadowdark RPG. L’inspiration vient de la Dark Fantasy pulp. Ils comprennent des choix comme le Deathbringer, un guerrier renforcé par la magie et l’alchimie, la Battle Nun, une fanatique légèrement vêtue en croisade contre les forces du mal, ou encore le Chasseur de Prime, la réponse au Rôdeur qui arpente l’Empire Brisé (Shattered Empire).

Le Shattered Empire est le cadre de Deathbringer. Un monde brisé et corrompu suite à la chute d’un astéroïde en Moonstone et relié par une série de route : Bone Road. Les dieux ont d’ailleurs abandonné ce monde, ils ne répondent plus aux prières, la magie et les objets enchantés représentent des dangers pour tout le monde. Y compris les utilisateurs.

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Un équilibre entre accessibilité et richesse

La campagne de Deathbringer propose un manuel de JDR complet. En plus des règles du jeu, il offre aussi des outils pour les Meneurs de Jeu, notamment des générateurs pour tout : les villes, les quêtes, ainsi que les voyages à travers le Bone Road. Deathbringer propose aussi un bestiaire, simple et souple, compatible avec les jeux OSR. L’aventure initiatique The Fungus-Licking Cannibal Cult complète cet ouvrage.

En dépit de cette richesse, Professor DM et Roll for Combat ont décidé de rester sur un ouvrage accessible. En terme de taille, il demeure ainsi dans la digestibilité de Shadowdark et des autres jeux de rôle OSR. 

Ses pages sont aussi riches d’illustrations en couleur. L’idée était de ne pas être over-the-top, il va au-delà du top puisque, selon son créateur, il n’y a aucune limite ou sommet à dépasser dans Deathbringer.

Si l’aventure de base de Deathbringer ne suffit pas, Professor DM a appelé d’autres créateurs du monde des JDR pour apporter leur pierre à l’édifice. Parmi les plus notables, on trouve Kelsey Dionne, Luke Stratton, le créateur de Pirate Borg, Ben Milton, le créateur de Knave et qui dirige la chaîne Questing Beast, ou encore Bob Worldbuilder.

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Deathbringer : pour quel type de rôliste ? 

En tant que réponse à la 5e édition de Donjons & Dragons, Deathbringer ne s’adresse pas à tous rôlistes. En effet, Professor DM explique ouvertement qu’il s’agit d’un jeu inspiré par ce qu’il trouve “cool”, par l’imagerie de fantasy qui a forgé son enfance, notamment Savage Sword of Conan et  Heavy Metal Magazine.

Les illustrations reflètent cette niche. Professor DM l’admet d’ailleurs. Comme les créateurs de Young Gods, il a opté pour une formule qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui plaira sûrement à sa cible.

 Deathbringer s’adresse donc surtout aux fans des JDR Old-Shool Renaissance et de la dark fantasy brutale. Il offre aussi une niche pour ceux qui cherchent une alternative à D&D 5e / 5.5e et son univers plus grand public. 

La campagne Backerkit Deathbringer, en route vers le succès

Avec une telle collection de talent, Deathbringer est parti pour se démarquer dans le paysage des JDR outre Atlantique. Si l’objectif initial pour financer le jeu était de 50 000 $, Deathbringer a atteint les 800 000 $ en moins de 48 heures

L’objectif final de 1 000 000 $ semble accessible avec son ultime palier. En cas de succès, en plus des récompenses des autres paliers de la campagne, les contributeurs auront une planche de pions à découper. Ils contiennent des éléments de décors comme des tonneaux, des meubles et bien plus pour animer les terrains.

La campagne Backerkit est ouverte jusqu’au 14 août 2026. La roadmap prévoit les playtests en septembre de la même année afin que les contributeurs puissent donner leurs retours et finaliser les règles durant l’hiver 2026. Les PDF arriveront donc au printemps 2027 et les versions physiques durant l’été 2027. Il est encore temps de rejoindre l’aventure sanglante Deathbringer.    

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