Parmi l’océan d’ouvrages sortis de la Black Library, peu s’ouvrent à d’autres éléments de WH40K comme L’Infini et le Divin. Ecrit par Robert Rath, il met à l’honneur les Nécrons et leur perspective, riche en humour, mais bien ancrée dans son esprit grimdark.
Malgré la richesse de son lore, la franchise Warhammer 40K a un problème d’équilibre. En effet, les sorties montrent un biais évident en faveur de l’Empire et de ses Spaces Marines, notamment les Ultramarines. Le Chaos et les Xénos n’ont que peu d’occasion de briller par rapport aux protagonistes humains.
L’Infini et le Divin, une rivalité de 10 000 ans dans la galaxie de WH40K
Ainsi, les ouvrages comme L’Infini et le Divin constituent de bonnes surprises pour les fans de WH40K. Ce roman de Robert Rath est sorti dans la Black Library en 2020 et il figure parmi les récits préférés de nombreux connaisseurs, non seulement pour la qualité de son écriture, mais aussi pour le tour de force qu’il est parvenu à faire. En plus de prendre comme protagonistes des Xénos, il le fait avec un humour élégant qui respecte l’ambiance grimdark sans aller dans la parodie.
L’Infini et le Divin suit principalement la rivalité entre deux représentants des hautes sphères de la race des Nécrons. D’une part, Trazyn dit l’Infini et de l’autre Orikan, le Devin : opposés par leurs intérêts pour un mystérieux objet, ils se lancent dans un conflit qui durera des milliers d’années et verra changer plusieurs civilisations sur une seule planète.
C’est sur cette dernière que s’ouvre « L’Infini et le Divin » : Cepharil, un monde parmi tant d’autres dans WH40K. On est bien longtemps avant l’ère de l’Imperium et la planète est occupée par des Eldars. Les elfes exodites sont pris d’assaut par Trazyn venu voler leur Pierre-esprit afin de la ramener dans sa galerie, Solemnace.
Malgré les difficultés inattendues rencontrées, impliquant notamment un carnotaure et des shurikens, l’Archeoevist parvient à ses fins. Une surprise l’attend toutefois à son retour sur son monde : Orikan, un Cryptek d’une autre dynastie est venu lui voler un objet en particulier. Ce faisant, il cause des dommages irréparables à de précieux artefacts nécrontyrs vieux de plusieurs millions d’années. Ils commencent ainsi une lutte pour un secret dont l’enjeu pourrait être lié au passé perdu et au futur glorieux des Nécrons.
Les protagonistes, Trazyn, Orikan et Sérénade
Avec L’Infini et le Divin, Rath offre une autre perspective sur ces xénos, perçus comme une menace implacable dans WH40K. Ces derniers n’ont pas toujours été les aliens mécaniques immortels revenus à la vie qui déferlent sur la galaxie au XLIe millénaire. Il y a 60 millions d’années, il s’agissait avant d’une race mortelle, ambitieuse, avancée, mais menacée par un mal implacable.
C’est alors que sont venus les C’Tan, des déités qui leur ont promis l’éternité…. Mais à un prix : par le Biotransfert, les Nécrontyrs deviennent les Nécrons, êtres mécaniques sans âmes, mais quasiment immortels au service des C’Tan. Ils parviennent cependant à se libérer et à emprisonner leurs maîtres avant d’entamer un sommeil de plusieurs millions d’années.
Ce lore de WH40K est exploré dans l’Infini et le Divin, mais d’une manière très personnelle et philosophique. Ainsi, à travers Trazyn et Orikan, le lecteur découvre une vision nuancée du Biotransfert comme le fait que certains Nécrontyrs s’y opposent, dont Le Devin. Trazyn, lui, offre une appréciation de ce que leur race a perdu en gagnant l’immortalité. Dans leur dialogue qui est devenu mon favori de tout le livre, il plaint la nature statique de leur culture, comparé à celle vivante des humains de Sérénade.
En dehors des deux Nécrons, la planète Sérénade est en quelque sorte le troisième personnage le plus important du roman. Elle est ce qui change le plus au fil du récit, renforçant l’idée que les Nécrons sont statiques : planète inhabitée, elle accueille tour à tour les civilisations nécrontyrs, aeldars et humaines en plus de connaître des invasions orks et tyrannides. À la fin du récit, il ne s’agit plus que d’un Monde-mort.
Forces et faiblesses de L’Infini et le Divin
Un roman qui joue élégamment avec le temps
La temporalité de L’Infini et le Divin est aussi très différente des autres récits de WH40K grâce à ses acteurs. Du fait de leur immortalité, les années, les décennies, voire les siècles sont négligeables pour les Nécrons. Ainsi, l’essentiel du récit s’étale sur près de dix millénaires, en contraste, l’Hérésie d’Horus prend plusieurs dizaines de romans pour raconter sept années de guerre.
On sent que Robert Rath s’amuse en jouant avec les opportunités qu’offre le rapport des Nécrons au temps. Plusieurs fois, on assiste à des scènes qui, pour un humain, seraient anormalement longues, mais rendues banales par l’immortalité : des conseils qui réfléchissent en silence pendant des années, des marches de plusieurs dizaines de jours, Orikan qui médite durant une trentaine d’années au point d’être couvert de toiles d’araignées.
Ce dernier est aussi un Chronomancien : il peut manipuler la chronologie. Parmi les meilleures scènes du roman, on a ces moments où le Devin utilise ses capacités pour remonter le temps. Dans d’autres, on le voit calculer une infinité de futurs avec ses aptitudes divinatoires pour parvenir à ses fins. Ceci se fait souvent au détriment de Trazyn qui se venge par la ruse et parfois juste de la mesquinerie puérile. Une des scènes qui revient souvent dans les discussions des fans de WH40K à propos de L’Infini et le Divin inclut l’ultime invasion de Sérénade par un culte de Genestealer. Elle s’avère être les conséquences d’une farce que Trazyn a joué à Orikan quelques siècles plus tôt.
L’humour de L’Infini et le Divin : une comédie adaptée à la noirceur de WH40K
C’est l’occasion d’aborder l’une des forces de ce roman : l’humour. Elle n’est pas omniprésente, mais subtilement née de son contexte absurde. Avec le recul, Trazyn et Orikan sont deux vieilles personnes dans une partie de Spy VS Spy de plusieurs millénaires et ponctuée de joutes verbales où les piques, mais toujours dans un vocabulaire soutenu, l’emportent parfois sur l’érudition et la maturité. La scène de leur pasage devant le tribunal est devenue légendaire sur ce point.
L’humour de L’Infini et le Divin est aussi saluée par la communauté de WH40K par le fait qu’elle respecte le grimdark, sans donner dans l’edgy. La comédie, comme avec le cas des Genestealer, s’inscrit en effet toujours dans l’ambiance unique du XLIe millénaire. On reste dans la brutalité, même si ce n’est pas l’absurdité qui manque entre les elfes à dos de dinosaures et les interrogations sur le fonctionnement biologique des orks.
Trazyn et Orikan, la finité et l’humanité
Dans les moments de calme, le roman prend tout de même le temps de montrer ses facettes sérieuses. Trazyn et Orikan représentent deux extrêmes nés de l’immortalité des Nécrons : si le premier s’attache uniquement au passé et à l’Histoire de la galaxie, le second est absorbé par l’avenir au point de vouloir le contrôler. Tour à tour, ils révèlent des failles qui les rendent « humains ».
Bien que Trazyn valorise les cultures et la mortalité des êtres de WH40K, tout au long de L’Infini et le Divin, ses actions causent la mort et la destruction. Il n’est auusi pas si différent d’un colonisateur. Orikan se sent supérieur à tous, au-dessus des préoccupations banales. Mais son hubris et ses insécurités sont tout autant problématiques que le comportement de son rival.
La qualité de l’écriture est constante tout au long du roman. On s’attache aux deux protagonistes, d’abord l’un contre l’autre, puis ensemble durant les derniers chapitres quand on découvre le secret de Sérénade. Le récit sait d’ailleurs utiliser efficacement le fusil de Tchekhov et les pistes posées au début du récit, telle que la pierre volée par Trazyn et même les épigraphes des chapitres, ont leur importance.
Un roman d’initié?
Malgré ses forces, ce roman n’est pas un ouvrage parfait. Ainsi, je ne le recommanderai pas à ceux qui seraient à la recherche d’un récit héroique. Fidèle à l’esprit de WH40K, L’Infini et le Divin n’est pas binaire et nos protagonistes ne sont pas des héros. L’épilogue cimente d’autant plus ce fait en restaurant un statu quo de rivalité entre Trazyn et Orikan.
Il est aussi plus difficile de le recommander à un néophyte du monde de Warhammer 40K. La structure des Nécrons et leur armée, en particulier, mais aussi certaines connaissances basiques sur l’Empire et les Xenos sont nécessaires pour suivre le récit et surtout apprécier pleinement les pistes et les références que Robert Rath place.
En comparaison, la saga d’Einsenhorn ou celle de Ciaphas Cain sont plus accessibles que L’Infini et le Divin pour une première plongée dans WH40K. Néanmoins, comme ceux-ci, le roman de Rath a aussi l’avantage d’être une histoire isolée de la grande trame de la Black Library. Il se suffit à lui-même, sans nécessiter de lire des dizaines d’ouvrages sortant à des années d’intervalles pour découvrir la fin, s’il y en a une.
Si vous êtes curieux, je ne peux que le recommander. L’Infini et le Divin est disponible dans sa langue originale, celle que j’ai lu, ou dans sa traduction française. En version papier, comme en audiobook, il s’agit d’un récit qui est certain de susciter une réaction de votre part, à condition de se laisser embarquer dans la réalité si particulière des Nécrons.
La suite à L’Infini et le Le Divin, The Wicked and The Warped.
L’année 2026 est d’ailleurs une bonne occasion pour découvrir ce roman classique sur le XLIe millénaire et ses guerres omniprésentes. En effet, près de six ans après la sortie de L’Infini et le Divin, Robert Rath revient avec sa suite dans l’univers de WH40K : The Wicked and The Warped.
La Black Library annonce en juillet 2026 que ce roman, suite à L’Infini et le Divin devrait voir le jour prochainement, mais sans donner de date précise pour l’instant. Il confirme toutefois que l’on y retrouvera Trazyn et Orikan après leur escapade finale sur Cepharil/Serenade, dans le XLIIe millénaire. On est après la 13e Croisade Noire d’Abaddon, Cadia est tombée et la Grande Faille divise la Galaxie en deux.
C’est ici que Trazyn doit réparer sa relation avec le Devin. Après l’Imperium et les autres races Xenos, cette fois, c’est au Chaos qu’ils auront affaire à la recherche d’une expédition disparue sur une planète que les forces du Warp ont contaminée : Amenthys. Le synopsis promet des péripéties inattendues lorsque les deux compères s’aventurent sur celle-ci.
Avec ce choix de temporalité, cependant, la principale question est comment Rath va faire pour illustrer la temporalité des Nécrons ? Contrairement à son prédécesseur, The Wicked and The Warp commence à la période actuelle de Warhammer 40,000. On ne peut donc pas avancer de 10 millénaires dans le futur.
Pour célébrer ce nouveau roman de WH40K, la Black Library va ressortir l’Infini et le Divin sous un format de couverture rigide. The Wicked and The Warped quant à lui aura aussi droit à une version collector en plus de la version standard avec couverture souple ou rigide. Les précommandes commenceront prochainement.
FAQ sur L’Infini et le Divin
De quoi parle le roman L’Infini et le Divin de Warhammer 40K ?
Le roman de Robert Rath retrace la rivalité obsessionnelle de près de 10 000 ans entre deux figures majeures de la race immortelle des Nécrons : Trazyn l’Infini et Orikan le Devin. Opposés par leur intérêt commun pour un mystérieux et puissant artefact, ils se livrent une guerre d’influence et de mesquineries qui s’étend sur des millénaires, bouleversant à jamais le destin de la planète Sérénade.
Qui sont Trazyn et Orikan, les deux protagonistes Nécrons ?
Trazyn l’Infini : Un Archéoviste nécron obsédé par l’Histoire. Il parcourt la galaxie pour dérober des reliques et des artefacts rares afin de les conserver dans ses galeries d’exposition sur le monde de Solemnace.
Orikan le Devin : Un puissant Cryptek et astrologue de génie. En tant que Chronomancien, il possède la faculté de prédire l’avenir et de manipuler le flux temporel pour réparer ses erreurs ou piéger ses adversaires.
Est-ce que L’Infini et le Divin est un bon livre pour débuter Warhammer 40K ?
Un récit exigeant pour les néophytes : Bien que l’histoire se suffise à elle-même et soit coupée de la grande trame globale de la Black Library, elle n’est pas recommandée pour une première incursion.
Des prérequis nécessaires : Pour apprécier pleinement les références et l’humour du livre, il est grandement conseillé d’avoir de bonnes bases sur l’univers de WH40K, notamment sur la nature biologique passée des Nécrons (le processus du Biotransfert), la structure de leur empire mécanique et l’existence des autres races comme les Eldars ou l’Imperium.
Les alternatives recommandées : Si vous débutez totalement, tournez-vous plutôt vers des sagas plus accessibles comme celles de Ciaphas Cain ou de l’Inquisiteur Eisenhorn.
Pourquoi l’humour de ce roman est-il si apprécié par la communauté ?
Une comédie absurde et élégante : Robert Rath propose un ton unique que la communauté compare volontiers à un jeu du chat et de la souris à l’échelle de l’éternité. Le duel de réparties verbales au vocabulaire soutenu entre ces deux vieillards immortels contraste brillamment avec la gravité de leurs actes.
Un respect total du « Grimdark » : L’humour n’est jamais parodique. Il naît de l’absurdité du rapport des Nécrons au temps (méditer 30 ans ou délibérer pendant des décennies est une banalité pour eux) et s’intègre parfaitement dans la brutalité et la noirceur caractéristiques du monde de Warhammer 40,000.
Y aura-t-il une suite à L’Infini et le Divin ?
Une suite officielle confirmée : Oui, la Black Library a officiellement annoncé en juillet 2026 la sortie prochaine de The Wicked and The Warped, écrit par Robert Rath.
L’intrigue de la suite : Ce nouveau roman se déroulera au XLIIe millénaire, après la chute de Cadia et l’ouverture de la Grande Faille. Trazyn et Orikan devront s’allier pour affronter les forces du Chaos et retrouver une expédition égarée sur Amenthys, un monde contaminé par le Warp.
Une réédition collector : À l’occasion de cette annonce, L’Infini et le Divin va bénéficier d’une réédition spéciale sous un format cartonné rigide très attendu.


