Ghost in the Shell n’a pas volé sa place au panthéon du cyberpunk et il rejoindra bientôt celui des JDR. L’équipe de choc du jeu de rôle de Cowboy Bebop s’attaque cette fois à l’une de leurs séries favorites.
Lorsque l’on parle de cyberpunk, certaines œuvres viennent spontanément à l’esprit pour avoir forgé l’imaginaire du genre. D’abord, Neuromancer de William Gibson, qui en a posé les bases, puis Blade Runner et enfin Ghost in the Shell. Ce dernier nous vient du Pays du Soleil Levant.
Ghost in the Shell, un fondateur du cyberpunk
Avant d’être un JDR, Ghost in the Shell, c’est un manga à succès publié pour la première fois en 1989 dans les pages du Young Magazine. Le mangaka derrière ce monument s’appelle Masamune Shirow. Et son travail va rapidement s’ancrer jusqu’à l’international en devenant une pierre angulaire du cyberpunk. Il influencera profondément la pop culture, comme avec Matrix des sœurs Wachowski en 1999.
Mais Ghost in the Shell, comme les autres titans du cyberpunk, demeure le fruit d’un contexte propice. En effet, à la fin des années 80, le Japon vit un moment culturel unique. Presque 40 ans après la fin de la Seconde Guerre, le pays s’est reconstruit et la bulle économique bat son plein.
Mais surtout, la technologie progresse, dont la robotique. La science-fiction devient donc le lieu de l’expression des espoirs et des inquiétudes sociales, politiques, éthiques à ce sujet. Comme la gamme de JDR éponyme de Pondsmith, le manga Ghost in the Shell s’inscrit dans cette vague. D’autant plus que Shirow n’en est pas à son coup d’essai. Quelques années plus tôt, il avait déjà signé Appleseed, un récit où les interrogations autour des augmentations cybernétiques étaient centrales.
Avant le JDR Ghost in the Shell: l’œuvre et ses adaptations
Le monde cyberpunk de 2027
Dans Ghost in the Shell, on suit la protagoniste Motoko Kusanagi au sein d’une unité spéciale antiterroriste : Section 9. Localisé dans la ville de Newport City, dans un Japon futuriste de 2027, ce groupe mène des opérations clandestines afin de protéger le pays de menaces invisibles et diverses. Ce cadre militaire propose de l’action, mais il explore aussi des thèmes philosophiques et sociaux.
Comme dans le JDR Cyberpunk, Ghost in the Shell pose la question du transhumanisme, d’une évolution post-biologique et des limites de l’humanité. Le ghost dans le shell, c’est l’âme dans le corps ou la machine. D’ailleurs, Motoko illustre ce dilemme philosophique : tout son corps est cybernétique à l’exception de son cerveau.
Le monde de l’œuvre reflète aussi les critiques envers la société de l’époque. Section 9 est nécessaire à cause des problèmes bureaucratiques, l’ennemi n’est plus visible et présent, il se cache derrière son écran et change constamment de forme. De plus, comme tout est connecté, tout est sensible au hacking… Y compris l’esprit humain, par le « ghost hacking ».
Les adaptations de Ghost in the Shell de 1995 à 2025
Avant de recevoir un JDR, Ghost in the Shell a droit à des adaptations animées. Cette dernière arrive sur les écrans en 1995, réalisée par Mamoru Oshii. Elle cimente sa position comme œuvre majeure du cyberpunk par sa dimension philosophique. Un second volet, Innocence sort en 2004 ainsi qu’un live action avec Scarlett Johansson en 2017.
Du côté des séries, l’offre n’est pas en reste. De 2002 à 2005, Stand Alone Complex a fait la joie du public pour la manière dont il a traité les thèmes et pour la qualité de sa production. La dernière série en date, SAC_2045 sur Netflix a moins fait l’unanimité. Une nouvelle est en préparation pour 2026. Entre les deux, entre 2013 et 2014, une série de films, «Arise », retrace les actions de Section 9 en 2027.
Don’t Panic Games et Mana Project présentent le JDR officiel Ghost in the Shell
L’ère Arise sur le devant de la scène
C’est la période que les créateurs du JDR officiel de Ghost in the Shell ont choisi d’explorer dans leur jeu. Il aura fallu attendre 2025 pour qu’un tel projet arrive grâce à la collaboration de Don’t Panic Games et Mana Project. Les mêmes qui ont réalisé le jeu de rôle Cowboy Bebop il y a quelques années. Fort de ce premier succès, ils comptent cette fois proposer un projet sur le long terme en y ajoutant progressivement les autres ères de la franchise, comme Stand Alone Complex.
Comme son matériau d’origine, le RPG débute à l’ère d’Arise, en 2027. Les joueurs y incarnent des membres de Section 9 et doivent faire face aux menaces terroristes, tout en découvrant progressivement leur passé. Le jeu mêle la narration personnelle, la gestion du service antiterroriste et l’action du terrain lors des missions.
Le moteur du JDR Ghost in the Shell: Blades, mais Cyberpunk
Pour combiner ces éléments avec élégance, les créateurs ont choisi de faire tourner le JDR Ghost in the Shell sous un hack du moteur Blades in the Dark. Un choix qu’ils justifient par le fait que Blades a déjà tout ce qu’il leur faut. En effet, la structure de Blades se prête de base au format de missions épisodiques, en plus de proposer des outils de gestion de QG (Band of Blades) et de développements personnels du PJ.
Le meneur arbitre les résultats des échecs et des succès mitigés. Il gère donc le déroulement de la mission via une fiche dédiée. De ce qu’en montrent les previews disponibles, l’évolution des évènements se fait grâce à des horloges, un outil qui a démontré son efficacité dans les jeux narratifs. Ils régissent différents objectifs, d’une part, mais aussi des imprévus qui peuvent surprendre les PJ au cours de la mission d’autre part.
Les agents ont aussi leur horloge. Il s’agit pour eux de cadrans de souvenir qui offre des pistes quant au passé de ceux-ci. Au fil des missions, ils découvrent ce qui leur a été caché et doivent prendre des décisions, les antagonistes comme les Ennemis Jurés, peuvent aussi cacher de la nuance.
Une formule à succès
La combinaison PBTA + Cyberpunk n’est pas nouvelle. En effet, le JDR The Sprawl l’a déjà réussi avec brio il y a une décennie et certains fans se sont déjà amusés à adapter le monde de Ghost in the Shell pour ce système. Le jeu officiel va simplement plus loin en ayant accès au matériau d’origine et en choisissant Blade à Apocalypse.
Pour l’instant, Ghost in the Shell est en financement participatif sur Kickstarter. Il y cumule plus de 360 000 $ de contributions. Un chiffre qui a permis de débloquer tous les paliers. Ils comprennent notamment un mode solo, divers ennemis jurés et les fiches des personnages du manga.
La campagne reste ouverte jusqu’au 28 novembre et il ne faudra pas attendre pour l’Hexagone vu qu’une VF figure déjà en option. Les contreparties arriveront en août 2026, tandis que le marché attendra 2027… la même année à laquelle commence la saga Arise !
