Fallout, du premier jeu vidéo à sa série Prime Video a marqué la culture populaire par son univers et ses personnages hauts en couleur. Voici comment ce monde rétro-futuriste avec une touche d’humour sombre en est arrivé à son statut culte.
Certaines franchises ont eu un succès notable sur la culture populaire. Du côté des jeux vidéo, que ce soit dans la fantasy ou la SF, Bethesda est devenu un nom de référence, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire.
Fallout aux origines, du CRPG d’Interplay Entertainement…
C’est le cas avec la saga des Fallout. Une franchise post apocalyptique au style rétro-futuriste qui fait figure de fer de lance de la compagnie de Todd Howard aux côtés de la série des Elder Scrolls. Mais si l’on connaît la série pour cette itération moderne, son histoire débute en fait bien avant, chez une autre boîte qui en a placé les fondations.
Le premier Fallout : un héritier atompunk des jeux de rôle papier
En effet, avant d’arriver chez Bethesda, il s’agissait d’abord d’une création de Tim Cain pour Interplay Intertainment. Le premier jeu était un RPG isométrique inspiré des JDR des années 80 comme Mutant ou Gamma World. D’ailleurs, le système original devait reprendre le moteur de GURPS, Interplay licenciant même le système en 1994, avant que les créateurs ne décident d’utiliser un système maison.
En 97, Interplay Entertainment sort ainsi Fallout. Il présentait un futur désolé suite à la Great War de 2077 quand les armes nucléaires ont rendu le monde invivable. Certains groupes doivent cependant leur survie aux Vaults, de gigantesques abris souterrains imaginés par la compagnie Vault-Tec en prévision de cette éventualité.
Le monde de la franchise tend vers l’atompunk : un genre de science-fiction où les sociétés humaines ont maîtrisé très tôt la technologie nucléaire et l’ont adapté à la vie de tous les jours. Comme Bioshock, on retrouve une esthétique très inspirée des États-Unis des années 50-60. C’est le pays où se déroulent généralement les récits, mais avec des éléments futuristes.
Ainsi, le premier Fallout donne le ton, entre satire sociale et désespoir post-nucléaire. Ce monde est dangereux entre les raiders, l’esclavage et les dangers que représentent les créatures mutantes, mais il ne manque pas d’humour. Jouer au premier jeu avec une intelligence minimale débloque des dialogues hilarants et des clins d’œil jalonnent le jeu.
Il s’agissait aussi d’un jeu de rôle exigeant. Si d’une part il permettait une large sélection d’options dans la création du protagoniste et dans l’approche des challenges, d’autre part, le jeu n’était pas facile et on pouvait facilement mourir en allant dans les mauvaises zones trop tôt. Enfin, les choix avaient des impacts sur le déroulement et le dénouement du jeu, des heures plus tard.
Du succès des jeux à la chute d’Interplay
On retrouve la même formule avec le second jeu, Fallout 2. Il sort dès l’année suivante, en 1998. Les bases restent les mêmes que celles de son prédécesseur : un monde post-apo nucléaire désolé, mais parfois absurde, un système de RPG très complet et des choix impactants restent la base, le tout porté par une réalisation plus aboutie. Les critiques voient ce second jeu comme une amélioration du premier sur presque tous les points.
En dépit du succès de ces jeux, Interplay a fait des erreurs d’investissements. À l’instar de White Wolf, avec Vampire The Masquerade : Bloodlines, ils ont produit une œuvre culte, mais ne peuvent en assurer l’héritage. C’est ainsi que la saga arrive entre les mains de Bethesda Softworks en 2007.
… À l’ère Bethesda : une formule monde ouvert accessible au gameplay dynamique
Bethesda garde le monde pour Fallout 3, mais il opère deux changements radicaux qui vont modifier le jeu à jamais. D’abord, il fait entrer la franchise dans une nouvelle dimension en abandonnant le style isométrique pour la 3D en monde ouvert, et ensuite, il passe d’un CRPG au tour par tour à un mélange entre action/RPG et FPS. Un choix qui fait encore débat auprès des fans, en plus des ajouts et retcons au lore.
En effet, notamment avec le quatrième opus en 2015, puis le MMORPG 76 en 2018, Bethesda abandonne énormément des éléments de jeu de rôle pour se concentrer sur l’aspect tir à la première personne. L’épisode New Vegas, tournant sous le moteur de 3, mais produit par Obsidian combine le meilleur des deux mondes. Il parvient plus ou moins, du moins le mieux, à proposer des choix pertinents, une certaine profondeur dans la customisation, mais avec la formule RPG/FPS.
Si les fans insistent tant pour le côté jeu de rôle, c’est parce que Fallout propose des factions intéressantes. Certaines ont même des nuances qu’on ne peut explorer qu’avec un certain recul. Chaque Vault a ses secrets, si certains sont vraiment faits pour accueillir l’élite de la société d’avant-guerre, d’autres cachent des expériences sociales et scientifiques tordues.
Les factions du Wasteland : entre sérieux et parodies
Le Wasteland compte aussi des groupes organisés qui luttent pour le contrôle. Ainsi, l’Enclave, un groupe issu de l’ancien gouvernement américain cherche à restaurer cet ordre par la force, tandis que la New California Republic cherche à y parvenir par la discipline. Tous les deux se frottent au Brotherhood of Steel, un groupe de technophiles zélés inspirés des ordres de chevaliers du Moyen-Âge. En contraste, la Légion est une faction violente et autoritaire qui imite l’ordre de l’Empire romain.
Des groupes minoritaires opèrent aussi dans le monde pour leurs buts personnels. Le mystérieux Mister House, industriel de l’avant-guerre, domine une armée de robots depuis sa tour à Las Vegas. L’Institute mène des opérations dans l’ombre, remplaçant parfois les humains par des machines, les synths. Mais, ces robots sont tellement humains qu’un autre groupe, le Railroad s’est donné pour mission de les sauver, comme les Minutemen, ils sont des sortes de héros pour le Commonweatlh. Il ne s’agit que d’un petit aperçu de tous les groupes existants dans le futur de Fallout.
Certaines factions comptent des membres qui ne sont pas ou plus humains. Les goules, des humains qui ont survécu aux radiations au prix d’une mutation, peuplent aussi le monde. Certains n’ont pas la chance d’avoir gardé leur esprit. Les super-mutants à la force surhumaine menacent parfois les villages humains.
Fallout compte aussi son lot de bizarreries. Des superhéros, des imitateurs d’Elvis, des gangs cannibales, des cultes dédiés à l’atome ou encore un village d’inspiration lovecraftien,… Rien de tout cela n’est étranger à ce monde futuriste post apocalyptique. Ils donnent l’opportunité aux fans d’explorer et de raconter leurs petits récits personnels.
RP, série et musique, les nouvelles pépites de Fallout ?
Ainsi, si les jeux Fallout traversent une passe difficile en dehors des mods entre le lancement catastrophique de 76 en 2018, puis celui de la version anniversaire du 4e opus en 2025 et l’absence d’annonce pour un nouvel opus, d’autres médias lui rendent justice.
Les jeux de rôle d’abord, notamment chez Modiphius avec le jeu officiel. Mais les fans contribuent aussi à des créations originales. S’il existe les inévitables adaptations pour la 5e, on trouve aussi des systèmes originaux et même un module pour GURPS, bouclant la boucle du premier jeu.
Son principal second souffle vient surtout de la série d’Amazon Prime. Réalisée par Jonathan Nolan avec Bethesda, elle a compris ce qui faisait le charme de la franchise actuellement. Lucy découvre le monde en sortant des Vaults, comme la plupart des protagonistes. Les tenues, les armures et le monde en général sont fidèles à leurs représentations en jeu. Les fans attendent impatiemment la prochaine saison qui arrive le 17 décembre 2025.
Fallout, c’est aussi l’occasion de (re) plonger dans des classiques musicaux. En effet, les radios des jeux diffusent des chansons qui connectent les générations. L’iconique Big Iron de New Vegas, mais surtout I don’t Want to Set the World on Fire qui est devenu quasiment synonyme de franchise ne sont que des exemples des chansons qu’elle a permis à la jeune génération de découvrir.

