DnD 2024 a plus ou moins pris la relève. Avec la sortie des 3 ouvrages essentiels, on a une meilleure vision de l’avenir du jeu.
En 2024, le premier des jeux de rôle soufflait cinquante bougies, en même temps que le hobby. D’autant plus que la 5e édition, la dernière en date et la plus connue du public, arrivait sur ses 10 ans. On attendait donc du grandiose pour la 6e, mais ces plans ont subi un contrecoup suite aux péripéties de ces deux dernières années !
Un pavé d’améliorations
En effet, One DnD se limitera finalement en une mise à jour de la célèbre 5e édition, omniprésente sur la scène du JDR. Malgré tout, ces révisions de DnD pour 2024 ne se limitent pas à de petites modifications. Elle serait le fruit des années d’expérience avec le système et de longues heures à considérer les retours de la communauté pour offrir LA version ultime du jeu.
Il avait ouvert le bal avec le manuel des joueurs, un beau pavé. En effet, cet ouvrage de 384 pages, soit 200 de plus que celui de 2014, revoit les bases de l’incarnation des PJ. Mais encore, dans une approche qui me ravit comme beaucoup de rôliste, ce PHB donne de meilleurs conseils aux débutants.
Un meilleur équilibre entre les classes de DnD 2024
L’une des remarques des rôlistes concernant Donjons & Dragons, c’est la grande différence qui existait entre les classes martiales et magiques. Ainsi, on ressentait une grande limite des dernières par rapport aux premières, ce qui fait que les règles maison cherchaient à rétablir l’équilibre entre les PJ. DnD 2024 prend aussi cette direction.
Pour commencer, toutes les classes ont droit aux mêmes opportunités et à un même schéma d’évolution. Ainsi, chacun gagne sa sous-classe au niveau 3, avec le même nombre d’option pour toutes dans cet ouvrage. Il propose donc 48 sous-classes, réparties équitablement entre chaque classe, soit 4 par classes.
Ces sous-classes se composent à la fois de visages familiers améliorés et de nouveaux venus. Elles améliorent les plus faibles, le moine guerrier des quatre éléments, le rodeur en général, le barbare berserker,… d’une part et introduisent des options inédites d’autre part. DnD 2024 réintroduit aussi les sous-classes psioniques pour le guerrier, le roublard, le sorcier et le cultiste.
Des dons à foison
Les dons ont toujours posé un dilemme entre les différentes tables. Il s’agit de règles optionnelles qui permettent d’ajouter des altérations uniques aux PJ. D’un côté, ils permettent une plus grande flexibilité aux joueurs et en sont par conséquent, très populaires. Mais de l’autre, ils sont connus pour grandement perturber un équilibre déjà précaire.
Pour DnD 2024, les designers de Donjons & Dragons ont choisi de totalement les intégrer au système de jeu. Plutôt que d’être optionnelles, elles font à présent des mécaniques officielles. On en retrouve cette fois 3 types : les dons offerts par l’historique, les dons en général et ceux épiques.
Ils fonctionnent ainsi mieux avec les mécaniques. Les premiers sont offerts par l’historique que le PJ a au niveau 1, ce qui permet à toutes les espèces (« les races ») de profiter du bonus très (trop) alléchant dont disposaient les humains. Les dons en général incluent entre autres des maîtrises de différentes armes qui donnent une raison de toutes les choisir. Enfin, les dons épiques ne se gagnent qu’au niveau 19 et ont une puissance proportionnelle.

Une certaine rétrocompatibilité
Bien que DnD 2024 modifie profondément certaines règles, il reste dans une mesure compatible avec la version de 2014. Concrètement, les créateurs ont précisé que l’on pouvait avoir des personnages créés avec les anciennes règles et les nouvelles dans une même campagne.
Cette approche permet, par exemple, de continuer à incarner la classe de l’artificier en attendant que la classe fasse une transition officielle. Les anciennes sous-classes qui n’ont pas été modernisées pour 2024 restent ainsi encore jouables.
Toutefois, de préférence, lorsque le choix se présente, les créateurs recommandent plutôt de choisir la nouvelle version. En particulier parce qu’il met à jour certains mots-clés et certaines mécaniques. La consommation de potion en tant qu’action bonus, l’inspiration qui offre le droit de relancer n’importe quel dé au lieu d’offrir un avantage, les modifications apportées aux créatures… En plus des changements dans les classes, ces additions peuvent gripper les vieilles mécaniques.
Un avenir radieux, mais houleux pour DnD 2024 ?
Dnd sur la scène des jeux medfan de 2024
Ces transformations font la joie auprès de la communauté qui trouve enfin une preuve que Wizards tient à moderniser le jeu en leur prêtant une oreille. Cependant, des doutes restent vis-à-vis de ces changements, de leurs implémentations et de leurs origines.
En effet, certains ont noté que ces apports de DnD 2024 dénotent un problème d’identité. C’est-à-dire que le jeu est tiraillé de tous les côtés, voulant à la fois garder l’accessibilité de la 5e (Tales of the Valiant le fait aussi) tout en piochant dans son passé (la philosophie de DCC et les OSR, le retour de Greyhawk) et en cherchant à poursuivre la concurrence (Pathfinder 2 répartissait déjà les dons en différentes catégories). D’autant plus que beaucoup de ces changements rappellent les règles maison les plus populaires au sein de la commu.
Par ailleurs, il faut accepter que l’environnement économique des JDR de 2024 ne soit plus celui de 2014 ! Au cours de la dernière décennie, surtout depuis 2023 et encore plus ces derniers mois, les concurrents au jeu de Wizards se sont multipliés. L’un en particulier, DC20, fait figure de nouveau champion dans l’arène.
D’autres créations sont pratiquement nées de Donjons & Dragons lui-même. Ainsi, on peut compter des titres qui se vendent comme telles. Nimble 5e simplifie et facilite les mécaniques du jeu, sans aller jusqu’à les modifier autant que Shadowdark qui en fait un jeu old-school. Une approche qui lui a valu les reconnaissances de la communauté rôliste depuis juillet 2024.
Les défis et les opportunités du futur
Certains continuent aussi d’être sceptiques en rapport aux pratiques de la compagnie. Par exemple, seul le marché américain a encore droit aux bonus virtuels en cas d’une précommande du livret des joueurs de DnD 2024. Avec les changements de la monétisation de DnD Beyond et le scandale OGL, la confiance est tout sauf revenue.
De même, la communauté continue de surveiller l’intégration de l’utilisation de l’Intelligence Artificielle au sein de Wizards of the Coast. En plus des artistes qui scrutent les illustrations à la recherche de traces d’utilisation d’IA.
Le dernier scandale en date est celui de Sigil. Un projet de VTTT officiel pour DnD 2024, il devait intégrer automatiquement DnD Beyond. Hasbro a finalement mis fin au développement avant même sa sortie officielle. Les employés renvoyés expliquent ceci par des différences de vision (la compagnie n’y voyait qu’un jeu vidéo style BG3) et une manque de communication qui ont eu raison d’un projet devenu trop coûteux et qui n’était finalement ni intéressant ni pour le public, ni pour les investisseurs.
Le Manuel du MJ : un vrai guide pour DnD 2024
Malgré ces accidents de parcours, il ne faut pas jeter bébé avec l’eau du bain. Ainsi, si la compagnie attise la colère de la commu, le jeu reste un favori pour beaucoup qui en apprécient les autres améliorations. En plus du livret des joueurs, Wizards a sorti aussi dans les mois qui ont suivi deux autres ouvrages.
En résumé, ils s’accordent à dire que les changements ne font pas qu’enrichir le guide de meneur de DnD 2024, mais en font aussi un meilleur ouvrage pour les MJ. Débutant ou vétéran, il a quelque chose pour tout le monde et un meilleur soin a été apporté à la présentation, l’organisation des informations, pour donner envie de le lire puis faciliter cette lecture.
Le Monster Manual de DnD 2024
Le bestiaire quant à lui sort le 18 février 2025, tout du moins dans sa version anglaise. Les changements et ajouts que celui-ci apporte à l’univers des créatures de Donjons & Dragons semblent tout aussi ravir les rôlistes que ceux des deux précédents ouvrages. En effet, il promet de résoudre les problèmes rapportés par la commu depuis une décennie.
Le Monster Manual de DnD 2024 proposera donc 500 créatures, soit approximativement 200 de plus que le bestiaire de 2014. Certains sont originaux, d’autres viennent des ouvrages Volo et Mordenkainen. Ce qui importe, c’est d’abord leur variété : en plus d’introduire de nouvelles familles de créature, il les répartit mieux à travers celles existantes et les différents nveaux de puissance.
D’ailleurs, à ce sujet, les équipes de Wizards ont aussi retravaillé le fameux Challenge Rating ou CR. Il était populaire pour son inefficacité à équilibrer les conflits du fait du système employé pour le calculer. La nouvelle méthode, expliquée dans le Monster Manual, s’assure que ce soit les capacités des créatures qui le déterminent ! Ces capacités qui ont aussi eu droit à une révision pour offrir diversité, challenge et funs aux joueurs tout en devenant plus faciles à gérer pour le maître de jeu.
Il existe toutefois quelques points polémiques. En effet, comme pour presque tout ce qui entoure la version moderne de DnD, celle post-TSR, mais surtout la 5e édition et au-delà, une partie des rôlistes déplorent des libertés prises par rapport à ce qui est considéré comme tradition dans Donjons & Dragons et la fantasy en général. Les orcs en sont l’illustration principale : ennemis omniprésents depuis Tolkien, dans DnD 2024 ils ont quitté les pages du Monster Manual.
Toujours plus d’améliorations après DnD 2024 ?
Bien que le 50e anniversaire de Donjons & Dragons soit passé, on ne peut s’empêcher de remarquer que WotC semble vouloir mettre la riche histoire de la franchise en avant pour cette année 2025. Et cela à travers les indices présentés dans les U.A. Entre l’Artificier, classe iconique d’Eberon, ainsi que les 8 sous-classes qui font un clin d’œil aux romans et autres jeux vidéo des Royaumes Oubliés, la tendance se dessine.
Certaines sont nouvelles, d’autres reviennent d’anciennes extensions. Au niveau des améliorations, ces versions de DnD 2024 veulent s’adresser aux problèmes d’équilibrage. Elles tirent profit de l’expérience acquise avec le manuel du joueur, ce qui se traduit donc par des options plus puissantes, bien sûr, mais qui osent aussi beaucoup plus au niveau de leurs capacités. Plus de détails viendront avec le temps.
Donjons & Dragons se refait une jeunesse : nouveaux designers, nouvelles idées
Dans un twist qui en avait surpris plus d’un, WotC s’est séparé de designers iconiques pour DnD 5e au cours de 2025, dont Jeremy Crawford. Ils ont depuis rejoint Darrington Press, la compagnie derrière Daggerheart et la branche éditoriale de Critical Role. Leurs remplaçants comme James Wyatt et Wes Schneider quant à eux ont pris leurs marques. Et ils commencent à explorer d’autres horizons pour ce qu’ils pourraient apporter au jeu.
Ils pensent amener DnD 2024 dans des directions que leurs prédécesseurs n’ont pas encore explorées, mais sans détruire ce qu’ils ont fait, comme les Sage Advices. De nombreux modules sont en préparation. Ils pourraient amener ou ramener plus que des classes et sous-classes, mais aussi de nouvelles mécaniques, comme c’est le cas avec les bastions.
En novembre 2025, ils sortent Heroes of Faerun, un supplément rempli de magie dont le système de circle magic. Globalement, il s’agit d’une mécanique qui régit comment plusieurs arcanistes peuvent contribuer à un seul sort afin d’en renforcer les effets (augmentation de la durée, la portée,…) ou d’en faciliter l’incantation (remplacer les composants de haute valeur, partager la concentration,…). Ce genre de mécanique manquait à DnD, mais se trouvait déjà dans des jeux comme l’Appel de Cthulhu.
Après Faerun, Eberron et son univers mêlant fantasy et steampunk a droit à un ouvrage dédié. Comme son titre l’indique, Forge of the Artificer, tourne autour de la classe artificier de DnD qui manquait au nouveau livret de 2024. Il revient officiellement dans une version mise-à-jour avec ses 4 sous-classes. Quelques espèces sont aussi à nouveau de la partie, à savoir, Warforged, Shifters, Changelings et Kalashtar ainsi que de nouveaux dons. Les premiers retours parlent d’un ouvrage qui chamboule encore l’équilibre du jeu.
Ou la fin de DnD ?
Depuis quelques mois cependant, la communauté des joueurs de DnD a noté que Hasbro et WotC prenaient une nouvelle direction. En effet, on assisterait à ce que certains appellent une « Fortenite-isation de Donjons & Dragons ». Par là, ils font référence à la tendance du célèbre battle royale à intégrer des guest characters qui n’ont pas vraiment de rapport avec le style du jeu et son univers.
Et il se pourrait qu’ils aient raison. Les changements de l’OGL, la mise en place d’un système beaucoup plus générique, le départ de l’équipe des designers, Sigil qui devait permettre d’intégrer des token venus d’autres univers comme Transformers, ou Baldur’s Gate 3… Ces indices indiquent que DnD 2024 pourrait prendre la même stratégie que Magic the Gathering qui a à présent des boosters autour d’autres univers et ils se vendent ! À l’avenir, WotC n’éditera plus Donjons & Dragons, mais se contentera d’être le licensor.
La compagnie Vibrant propose d’ailleurs une nouvelle attraction sur le thème de Donjons & Dragons à Dallas, DnD : The Immersive Quest. Il ne s’agit pas d’un jeu de rôle grandeur nature, mais plutôt d’une expérience immersive inspirée des tropes du jeu de rôle. Ainsi, les participants commencent par choisir leur classe et débute leur visite, en 6 pièces, dans le Yawning Portal de Waterdeep. Un lieu bien connu des rôlistes. La visite comprend ensuite une série d’interactions ludiques comme des mini-jeux inspirés des aventures qui peuvent arriver dans un donjon. Elle culmine par un combat contre un dragon.
Certaines interactions dépendent de la classe, comme caresser l’hibours, exclusif au druide. En somme, les visiteurs parlent d’une activité fun pour toute la famille. La direction que prend DnD depuis 2024 pourrait conduire à la création d’autres projets similaires
2025 : Donjons & Dragon renoue avec ses trésors ?
La déception se mêle d’espoir du côté des forums de discussions. D’une part, le célèbre JDR sombre encore et toujours dans le capitalisme, une spirale qui empêche la production d’ « art » et la poursuite du profit ; mais d’autre part, ça pourrait être l’opportunité pour certains de faire des produits plus intéressants en utilisant les licences. L’histoire a aussi ses antécédents : WotC avait tenté de passer de DnD au système générique D20 et le succès n’était pas au rendez-vous…
D’ailleurs, WotC semble vouloir se tourner vers son histoire très riche pour trouver de nouvelles inspirations. Faucongris fait office de monde par défaut dans le nouveau manuel des meneurs qui initie aux campagnes. Si DnD 2024 demeure indéniablement un JDR moderne, le contenu que l’éditeur semble proposer en avant-goût revient vers les succès d’antan. Ceux qu’il avait jusque là laisser au placard.
Le kit d’initiation, Heroes of the Borderlands rend hommage au module Keep on the Borderlands. Cette année, ils ont aussi sorti une collection d’aventures dédiés aux dragons et à leur variété avec des options pour jouer en solo pour certains scénarios. Le monde classique des 80’s, Dragonlance, pourrait donc figurer au menu dans les modules futurs.
Enfin, les Unearthed Arcana parlent de l’artificier, la classe manquante, ainsi que de sous-classes centrés sur le thème de l’horreur. Strahd et l’horreur de Ravenloft sont des incontournables du DnD moderne. Mais aussi d’un monde post-apo. Pour beaucoup, il s’agit de Dark Sun, mélange de Conan et de Dune. Wizards of the Coast et Hasbro l’ont mis de côté à cause de son contenu controversé incluant les sacrifices humains ou encore l’esclavage. Il n’est pas certain qu’ils oseront cependant, mais avec une nouvelle équipe, rien n’est encore certain.



